Les ultra-riches pointés du doigt pour une facture climatique proche de 1000 milliards de dollars par an 

Une étude de Greenpeace révèle que l’empreinte climatique des ultrariches ne vient pas seulement de leurs jets privés ou mégayachts. Leur fortune, investie dans des entreprises, des biens immobiliers et des placements financiers, pèserait bien plus lourd dans les émissions mondiales de CO₂.

Publié le
Lecture : 2 min
riche
Les ultra-riches pointés du doigt pour une facture climatique proche de 1000 milliards de dollars par an : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

Les jets privés et les mégayachts symbolisent souvent l’empreinte carbone des ultrariches. Mais selon une étude de Greenpeace, le vrai poids climatique des plus grandes fortunes se cache surtout ailleurs : dans leurs entreprises, leurs biens immobiliers et leurs investissements financiers. 

L’organisation estime que 1% des plus riches concentre une part massive des émissions liées à la propriété privée. Un constat qui relance le débat sur la responsabilité climatique des grandes fortunes et le rôle de la fiscalité dans la transition écologique.

Les investissements au cœur du problème climatique

Le mode de vie luxueux des grandes fortunes attire régulièrement les critiques. Avions privés, résidences multiples, yachts gigantesques, ces symboles frappent les esprits. Pourtant, selon Greenpeace, cette consommation visible ne représente qu’une partie du problème.

L’étude met surtout l’accent sur les émissions générées par la propriété d’actifs. Autrement dit, les entreprises détenues, les placements financiers, les biens immobiliers et les investissements privés. Ce sont ces actifs qui feraient de la fortune des ultrariches un puissant moteur d’émissions de CO₂.

Selon les données rapportées par The Guardian et reprises par la Tribune de Genève, 1% des plus riches, soit les personnes disposant d’une fortune supérieure à 2 millions de dollars, seraient responsables d’environ 40% des émissions liées à la propriété. Ces émissions représentent elles-mêmes près de 60% des émissions mondiales de CO₂.

La concentration est encore plus forte au sommet de la pyramide. Les 0,1% les plus riches, dont la fortune dépasse 7 millions de dollars, seraient à l’origine de 17% de ces émissions. Les 0,01% les plus fortunés, au-delà de 38 millions de dollars, pèseraient à eux seuls environ 9%.

À l’inverse, la moitié la plus pauvre de la population mondiale ne représenterait que 3% de ces émissions liées à la propriété. Un écart qui nourrit le débat sur la justice climatique.

Une question fiscale autant qu’environnementale

Pour Greenpeace, ces chiffres montrent que les politiques climatiques se sont trop concentrées sur les comportements individuels des consommateurs. Trier ses déchets, moins prendre l’avion ou réduire sa consommation d’énergie reste utile, mais l’organisation estime que l’enjeu majeur se situe aussi dans la manière dont les grandes fortunes investissent leur argent.

Clara Thompson, de Greenpeace International, souligne que la question devient encore plus sensible avec la hausse du coût de la vie et des prix de l’énergie. Beaucoup de ménages modestes sont appelés à faire des efforts, pendant que certains investisseurs continuent de tirer profit de secteurs fortement émetteurs.

L’idée d’une fiscalité ciblée sur les grandes fortunes revient donc dans le débat. L’économiste Thomas Piketty défend notamment une taxation plus forte des patrimoines les plus élevés, afin de financer la transition écologique tout en allégeant la pression sur les ménages les plus vulnérables.

Cette réflexion arrive dans un contexte tendu. Malgré leurs engagements climatiques, les grandes banques et les investisseurs auraient encore injecté environ 900 milliards de dollars dans les énergies fossiles l’an dernier. Un chiffre qui illustre le décalage entre les promesses de transition et les flux financiers réels.

Le sujet sera aussi au cœur des discussions internationales. Les négociations climatiques de l’ONU à Bonn préparent déjà la COP31 prévue en novembre. Parmi les grands dossiers figure la notion de transition énergétique équitable, qui vise à accompagner les travailleurs et les économies dépendantes des industries fossiles.

Laisser un commentaire

Share to...