Les voitures neuves vont intégrer de nouveaux équipements de sécurité obligatoires. Dès le 7 juillet 2026, la Suisse s’alignera sur les normes européennes GSR 2, qui imposent plusieurs aides à la conduite.
Parmi elles figure un système de surveillance du conducteur, capable de détecter l’inattention ou la somnolence grâce à une caméra infrarouge. Une évolution pensée pour renforcer la sécurité routière, mais qui relance aussi le débat sur la surveillance à bord des véhicules.
De nouvelles aides à la conduite obligatoires
Les normes européennes GSR 2 vont modifier l’équipement des voitures neuves. Après l’arrivée progressive des enregistreurs de données d’accident, souvent appelés « boîtes noires », d’autres dispositifs de sécurité deviennent obligatoires.
Trois systèmes devraient particulièrement concerner les automobilistes. Le premier est l’Emergency Stop System, qui fait clignoter les feux stop lors d’un freinage brusque à plus de 50 km/h. Le deuxième concerne le freinage d’urgence automatique, avec une meilleure détection des piétons et des cyclistes.
Le troisième est plus sensible. L’avertisseur avancé de distraction du conducteur, aussi appelé ADDW ou DMS. Il repose sur une caméra infrarouge orientée vers le conducteur. Son rôle est de surveiller certains signes d’inattention, de fatigue ou d’incapacité à conduire.
Selon Olivier Derard, journaliste à La Revue Automobile cité par RTS, le système analyse notamment la direction du regard, l’ouverture des yeux, la fréquence des clignements et les bâillements. Si le dispositif détecte un comportement jugé risqué, il peut déclencher des alertes visuelles et sonores.
Une technologie utile, mais qui interroge
Sur le papier, l’objectif est clair, réduire les accidents liés à la fatigue ou à la distraction au volant. Ces situations figurent parmi les risques majeurs sur la route, notamment avec l’usage fréquent des écrans et systèmes multimédias embarqués.
Mais cette surveillance soulève aussi des questions. Certains conducteurs pourraient juger le dispositif intrusif, voire paternaliste. Le système peut par exemple intervenir s’il estime que le conducteur regarde trop longtemps une liste de radios ou l’écran central du véhicule.
L’Office fédéral des routes se veut rassurant. Interrogé par RTS, l’OFROU indique que les images ne seront pas enregistrées. Elles seraient traitées en temps réel, en circuit fermé, sans utilisation de données biométriques.
Autre point important, ces aides à la conduite pourront généralement être désactivées. Mais la réglementation européenne impose aux constructeurs de les réactiver automatiquement à chaque démarrage du véhicule.
Pour les acheteurs de voitures neuves, ces équipements deviendront donc rapidement une réalité. Ils promettent davantage de sécurité, mais ouvrent aussi un débat sur la place de la surveillance dans l’habitacle.








