Salaires : des hausses au ralenti pour la majorité des salariés en 2026

En 2026, les salaires progressent plus lentement, les entreprises limitent les augmentations générales et privilégient davantage les hausses individuelles.

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Salaire
Salaire : cette catégorie de professionnels obtient une hausse de rémunération de 63 euros bruts dés le mois de juin. - Crédit : Shutterstock | Econostrum.info

La progression des salaires en France ralentit en 2026, dans un contexte de baisse de l’inflation et de modification des politiques de rémunération au sein des entreprises.

Au premier trimestre 2026, les augmentations de salaires de base atteignent 1,6 %, contre 3,3 % deux ans plus tôt. Cette évolution s’inscrit dans un contexte marqué par une inflation repassée sous la barre de 1 %. La hausse du salaire mensuel de base (SMB) sur un an s’établit à 1,7 % fin 2025, contre 2,8 % un an auparavant.

Les travaux de la Banque de France confirment cette évolution. Laurent Baudry, Erwan Gautier et Sylvie Tarrieu, auteurs d’une note pour l’institution, indiquent : « Après cette phase de rattrapage, les accords de salaire signés entre fin 2025 et début 2026 signalent une normalisation de la dynamique des salaires négociés. » Dans ce contexte, les revalorisations automatiques liées à l’inflation diminuent. Les évolutions de rémunération reposent davantage sur des décisions internes aux entreprises et sur les résultats individuels des salariés.

Une redistribution des hausses des salaires au profit des augmentations individuelles

La répartition des budgets d’augmentation évolue en 2026. Pendant la période 2022-2023, environ 80 % des enveloppes étaient consacrées à des hausses générales. Cette part tombe à 50 % en 2026, selon les données disponibles. Les entreprises privilégient désormais les augmentations individualisées. Cette orientation se traduit par une concentration des hausses sur une partie des salariés. Parallèlement, la moitié des entreprises prévoit des augmentations globales inférieures à 1,5 % pour l’année.

Les dispositifs complémentaires évoluent peu. La prime de partage de la valeur (PPV) est mentionnée dans 12 % des accords de négociations annuelles obligatoires pour 2025, un niveau identique à celui de 2024. Ce taux reste inférieur à celui observé en 2022, où près d’un quart des entreprises y recouraient. Les minima de branche progressent également à un rythme limité. Au premier trimestre 2026, leur hausse moyenne atteint environ 1 %. Un tiers des branches professionnelles n’a enregistré aucune revalorisation sur un an. Sur les douze derniers mois, 65 % des branches ont révisé leurs grilles, contre un niveau proche de 100 % lors de la période de forte inflation.

Le salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic) évolue à un rythme plus modéré. Sa revalorisation de 1,2 % en janvier 2026 influence les négociations de branche. Sur une période plus longue, les minima de branche ont progressé de 16 % entre fin 2020 et début 2026, pour une inflation cumulée de 15 %.Les anticipations des entreprises confirment cette tendance. L’enquête menée par la Banque de France auprès de 1 700 dirigeants, réalisée entre février et mars 2026, indique une hausse attendue des salaires de base autour de 1,7 %. La médiane des réponses se situe à 1,5 %.

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Dans les grandes entreprises, les ajustements de salaires restent moins sensibles aux variations du Smic. Le pouvoir d’achat global retrouve un niveau proche de celui observé à la fin de l’année 2020, ce qui s’accompagne d’une évolution des politiques salariales vers une stabilisation des coûts fixes.

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