Médecine esthétique : les médecins bientôt limités à 30 % de leur temps de travail ?

La médecine esthétique en France devrait bientôt être soumise à de nouvelles règles

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Médecine esthétique
Médecine esthétique : les médecins bientôt limités à 30 % de leur temps de travail - Crédit : Canva | Econostrum.info

La médecine esthétique pourrait bientôt être davantage encadrée en France. Le gouvernement prépare un décret qui limiterait le temps consacré à cette activité, particulièrement rémunératrice, et imposerait plusieurs conditions aux médecins souhaitant se lancer. L’objectif est de préserver du temps médical pour les soins courants, alors que de nombreux patients peinent à obtenir un rendez-vous avec un spécialiste.

Selon un projet de décret consulté, le 20 octobre, par l’AFP et rapporté notamment par Le Figaro, les médecins ne pourraient consacrer que « 30% de leur temps travaillé » au maximum à la médecine esthétique. Le reste de leur activité devrait être consacré à la spécialité pour laquelle ils disposent d’une qualification. Cette limite viserait à éviter que les actes esthétiques prennent trop de place dans l’activité des praticiens, au détriment des consultations médicales classiques.

Le texte prévoit également une condition d’ancienneté. Avant de commencer à pratiquer la médecine esthétique, un médecin devrait avoir exercé pendant au moins cinq ans dans sa spécialité d’origine. Ensuite, il devrait valider une formation théorique et pratique, dont le contenu serait précisé par un arrêté ministériel. Les médecins déjà installés dans ce secteur pourraient, quant à eux, bénéficier d’une procédure de validation des acquis.

Néanmoins, le projet ne prévoit pas les mêmes règles pour tous les praticiens déjà en activité. Les médecins qui consacrent actuellement 100% de leur temps à la médecine esthétique depuis plus de cinq ans disposeraient de trois ans pour réduire cette activité à 50% de leur temps de travail. Cette période transitoire leur permettrait de réorganiser progressivement leur activité.

Le conseil départemental de l’Ordre des médecins devrait, par ailleurs, tenir à jour une liste des praticiens exerçant la médecine esthétique, en précisant les domaines dans lesquels ils ont été formés. Le projet distingue, entre autres, les soins anti-âge, les traitements de la pilosité et des cheveux, les actes concernant le regard et la plastique oculaire, ainsi que les interventions esthétiques génitales et celles portant sur la silhouette.

Pourquoi le gouvernement veut-il encadrer la médecine esthétique ?

La médecine esthétique s’est développée en France sans dispositif spécifique encadrant l’ensemble de son exercice, alors que les actes concernés ne sont pas remboursés par l’Assurance maladie. Les injections visant à combler les rides ou à augmenter le volume des lèvres font particulièrement partie des pratiques largement répandues ces dernières années.

Cette activité suscite des tensions, en particulier en dermatologie. Certains praticiens sont accusés de privilégier les actes esthétiques, jugés plus rémunérateurs, plutôt que les consultations consacrées aux maladies de la peau. Les dermatologues concernés contestent ces critiques.

Pour le gouvernement, l’enjeu est aussi celui de l’accès aux soins. Dans un contexte de pénurie de médecins, le temps consacré à des prestations non remboursées soulève la question de la disponibilité des spécialistes pour les patients qui en ont besoin. Une réponse publiée le 7 juillet dernier par le gouvernement à l’Assemblée nationale confirmait déjà sa volonté de mieux encadrer les pratiques esthétiques, notamment par une modification des règles relatives à l’exercice médical.

 

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