La fermeture de Bloctel, intervenue le 11 août, devait marquer la fin d’un dispositif devenu obsolète avec le nouveau régime de consentement au démarchage téléphonique. Elle intervient finalement dans un contexte particulièrement sensible. Une fuite de données a exposé potentiellement jusqu’à 3 millions de numéros de téléphone appartenant à des personnes inscrites sur la plateforme. L’incident a été confirmé par les autorités et signalé à la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL).
Selon les informations communiquées aux personnes concernées, la fuite aurait été rendue possible après l’usurpation d’un compte professionnel utilisé pour accéder au service Bloctel. D’après les éléments rapportés par les spécialistes de la cybersécurité, l’absence de double authentification sur ce compte aurait facilité l’accès à des fichiers transmis à la plateforme par des entreprises. Les numéros de téléphone apparaissaient en clair dans les recherches, permettant leur récupération.
Le chiffre de 3 millions correspond à une estimation du nombre de numéros potentiellement concernés, et non à l’ensemble des utilisateurs de Bloctel. Les données essentielles publiées par le service au 23 juillet 2026 indiquaient que 7 556 593 consommateurs étaient inscrits sur la liste d’opposition, représentant 14 355 350 numéros de téléphone. À cette date, 3 495 professionnels disposaient encore d’un contrat Bloctel.
Les personnes touchées par cette cyberattaque, révélée en premier par French Breaches, doivent être informées individuellement. Selon le message envoyé par Bloctel, seul le numéro de téléphone serait concerné par l’incident, sans association avec le nom, le prénom ou d’autres informations personnelles. L’organisme prévient toutefois : « La divulgation d’un numéro de téléphone peut notamment favoriser la réception d’appels ou de SMS indésirables ainsi que des tentatives de fraude ou d’hameçonnage ».
Les particuliers concernés doivent donc se méfier des appels ou SMS inhabituels, notamment de messages prétendant provenir de Bloctel, d’une banque, d’un opérateur ou d’une administration. La CNIL recommande plus généralement de ne jamais communiquer d’informations supplémentaires à la suite d’un message lié à une fuite de données et de ne pas cliquer sur les liens suspects.

Bloctel remplacé par le consentement préalable
Cette fuite intervient au moment précis où Bloctel disparaît. Depuis le 11 août 2026, le principe a changé : un professionnel ne peut plus démarcher téléphoniquement un consommateur sans avoir obtenu auparavant son consentement. Celui-ci doit être libre, spécifique, éclairé, univoque et révocable. Le professionnel doit en outre pouvoir prouver qu’il a recueilli cet accord.
Le consentement est valable pendant une durée maximale d’un an et sa preuve doit être conservée par le professionnel pendant au moins trois ans. Une exception demeure lorsqu’un appel concerne l’exécution d’un contrat en cours. Certaines activités, notamment la rénovation énergétique, l’adaptation du logement à la perte d’autonomie et le compte personnel de formation, font par ailleurs l’objet d’interdictions spécifiques.
Concrètement, les particuliers n’ont donc plus à inscrire leur numéro sur une liste d’opposition pour empêcher le démarchage commercial non sollicité. C’est désormais au professionnel de démontrer que la personne appelée a accepté d’être prospectée. Un démarchage réalisé en violation de cette règle peut également entraîner la nullité du contrat conclu à la suite de l’appel.
Pour autant, cette nouvelle réglementation ne fera pas disparaître les appels frauduleux. Les escrocs qui utilisent des numéros usurpés ou qui opèrent en dehors du cadre légal ne sont pas susceptibles de respecter davantage les nouvelles règles. La vigilance reste donc indispensable, particulièrement pour les personnes dont le numéro a été identifié comme faisant partie des données exposées.








