BPCE L’Observatoire prévoit un recul des ventes dans le secteur de l’immobilier en France pour 2026, avec un taux de crédit moyen à 3,43 % à la fin de l’année et des prix quasi stables.
Les perspectives ont été présentées par José Bardaji, directeur Études et Prospective de BPCE L’Observatoire. Après une reprise engagée en 2025, le marché résidentiel devrait connaître un retournement sous l’effet d’un choc géopolitique récent et de la remontée des taux d’intérêt. Sur le marché du logement ancien, la hausse des ventes observée en janvier et février a été suivie d’un recul de 8 % en mars par rapport à l’année précédente.
Les délais moyens entre compromis et acte, d’environ trois mois, reflètent une décélération amorcée dès la fin 2025, liée à la baisse du moral et du pouvoir d’achat des ménages. La stabilité des prix des logements anciens depuis fin 2024 illustre un attentisme qui touche également le marché du neuf, où les autorisations de construire et mises en chantier restent inférieures aux niveaux historiques malgré des augmentations respectives de 16 % et 14 % sur un an à fin avril.
Hausse des taux de crédit immobilier et impact sur les transactions
Depuis février 2026, le choc sur les prix des matières premières énergétiques alimente l’inflation et exerce une pression sur le pouvoir d’achat des Français. Cette situation se traduit par une progression de l’Euribor à trois mois et des anticipations de hausse des taux directeurs de la Banque centrale européenne.
BPCE prévoit que le taux moyen des crédits immobiliers passera de 3,22 % en mars à 3,43 % au quatrième trimestre, sous l’hypothèse d’un Euribor à 2,26 % et d’une OAT à 3,77 %. Selon BPCE, « un choc d’un point de pourcentage sur les taux d’intérêt se répercute par une hausse de 14 points de base sur le trimestre, et de 90 points de base au bout d’un an ».

Les transactions dans l’immobilier devraient reculer de 5 % sur l’année à 1,026 million. Le marché ancien afficherait un recul de 6 % (890 000 transactions) après une progression de 13 % en 2025, tandis que le neuf resterait à des niveaux modestes. Les prix baisseraient très légèrement de 0,1 % au quatrième trimestre sur un an. La production de crédits à l’habitat devrait s’établir à 175 milliards d’euros, en baisse de 6 % sur l’année.
Profils d’acheteurs et recours au crédit
Le taux d’intérêt reste la variable clé. Près de 80 % des transactions sur dix ans ont nécessité un crédit à l’habitat. La primo-accession est dynamique, avec des volumes supérieurs à fin 2019, alors que les autres segments enregistrent des volumes réduits.
L’acquisition de résidences principales représente 78 % des transactions en nombre et 83 % en montant en 2025. Les secundo-accédants ont vu leur profil évoluer vers des revenus plus élevés et un apport plus important, tandis que les investisseurs locatifs enregistrent une baisse de l’enveloppe moyenne et de la durée d’emprunt.








