Les taux des crédits immobiliers marquent une pause à l’approche du mois d’août. Les banques maintiennent globalement leurs barèmes, mais la hausse des taux obligataires français pourrait peser sur les conditions de financement dans les prochains mois.
Après plusieurs mois de progression, le marché du crédit immobilier connaît une période de stabilisation. Selon l’Observatoire Crédit Logement-CSA, les taux moyens toutes durées confondues sont passés de 3,22 % au premier trimestre à 3,24 % au deuxième trimestre. Une évolution limitée qui traduit un ralentissement de la hausse observée depuis plusieurs mois.
Les courtiers constatent également des barèmes relativement stables en cette fin juillet. Les banques continuent de chercher à attirer de nouveaux emprunteurs malgré un contexte financier moins favorable.
La dette française surveillée par les banques
La situation reste liée à l’évolution des taux obligataires, notamment celui de l’OAT française à 10 ans, un indicateur suivi par les établissements bancaires pour fixer leurs conditions de crédit. Après avoir évolué autour de 3,6 % au début de l’été, l’OAT à 10 ans a dépassé le seuil des 4 % en juillet.
Cette hausse reflète notamment les inquiétudes liées à l’inflation, aux prix de l’énergie et aux incertitudes budgétaires françaises. Selon plusieurs analystes, cette progression pourrait finir par se répercuter sur les nouveaux crédits immobiliers si elle se prolonge. Pour l’instant, les banques continuent de privilégier une politique commerciale active, ce qui limite les hausses de taux proposées aux particuliers.
Les taux moyens observés sur 15, 20 et 25 ans
Les barèmes relevés début juillet montrent des niveaux proches selon les principaux courtiers. Sur une durée de 15 ans, les taux moyens atteignent 3,28 % chez Meilleurtaux, 3,25 % chez Empruntis et 3,33 % chez Pretto. Pour un crédit sur 20 ans, ils s’établissent à 3,40 % chez Meilleurtaux, 3,45 % chez Empruntis et 3,44 % chez Pretto.
Sur 25 ans, les taux moyens atteignent 3,49 % chez Meilleurtaux, 3,55 % chez Empruntis et 3,52 % chez Pretto. Ces chiffres restent des moyennes. Les conditions proposées peuvent varier selon les revenus, l’apport personnel, le projet immobilier et la région.
Les meilleurs profils continuent d’obtenir des conditions avantageuses
Même avec des barèmes globalement stables, les écarts entre emprunteurs restent importants. Selon Pretto, la différence entre les conditions proposées peut atteindre jusqu’à 60 points de base selon les territoires et les profils. Certaines banques continuent également de proposer des offres spécifiques pour attirer de nouveaux clients.
Le CCF a notamment réduit certains taux de 0,10 point pour des couples disposant de plus de 80 000 euros de revenus annuels. D’autres établissements ciblent les primo-accédants. La Caisse d’Épargne Provence Alpes Corse propose ainsi un prêt complémentaire Immo+ à 1,99 %, tandis que le Crédit Agricole du Morbihan a lancé un dispositif similaire avec son Prêt Booster Mon 1er Toit à 1,99 %.
Une rentrée qui pourrait être plus compliquée pour les emprunteurs
Si les taux restent stables en août, les prochains mois restent incertains. Une hausse durable des taux obligataires pourrait pousser les banques à revoir leurs barèmes. Certains courtiers estiment déjà que les taux sur 25 ans pourraient se rapprocher des 4 % à la mi-septembre si les conditions actuelles se prolongent.
Pour les futurs acheteurs, la négociation du dossier et la comparaison des offres bancaires resteront donc déterminantes pour obtenir les meilleures conditions de financement.








