El Niño : après un été brûlant, la France pourrait-elle connaître un hiver extrême ?

El Niño gagne en intensité dans le Pacifique. Son influence sur la météo française cet hiver suscite déjà des interrogations chez les climatologues.

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El Niño : après un été brûlant, la France pourrait-elle connaître un hiver extrême ? Crédit : Shutterstock | Econostrum.info

Après la Ninâ, un nouvel épisode d’El Niño se développe dans le Pacifique et s’annonce particulièrement intense. Son influence sur la météo en France reste difficile à prévoir, mais ses éventuelles conséquences sur l’hiver prochain peuvent être extrêmes.

Pour rappel, le phénomène El Niño correspond à un réchauffement inhabituel des eaux de surface du Pacifique équatorial. Celui-ci apparaît de manière irrégulière, généralement tous les 2 à 7 ans, et modifie la circulation de l’atmosphère à l’échelle mondiale. Cette perturbation peut entraîner des changements de température et de précipitations dans plusieurs régions du globe.

Après un été 2026 marqué par des températures exceptionnellement élevées en France et partout dans le monde. Avec l’arrivée d’El Niño, 2026 et 2027 pourrait donc figurer parmi les années les plus chaudes jamais enregistrées.

Vers un hiver rude en France à cause d’El Niño ?

Comme l’expliquent les climatologues, un El Niño puissant peut modifier certaines circulations atmosphériques dans l’hémisphère nord. Parmi les mécanismes étudiés figure le vortex polaire stratosphérique, une vaste circulation d’air froid située dans la stratosphère. Lorsque cette circulation est perturbée, certaines configurations peuvent favoriser des descentes d’air froid vers les latitudes moyennes. Cela pourrait donc rendre plus probables certaines périodes froides ou des épisodes neigeux en plaine en Europe.

Il ne faut pas pour autant en déduire qu’un hiver glacial attend la France. Météo-France appelle à la prudence sur ce lien. Les études statistiques ont relevé des corrélations entre El Niño et le comportement du vortex polaire, mais cela ne suffit pas à établir une relation de cause à effet. La climatologue Laurianne Batté souligne ainsi que « Des études statistiques ont suggéré un lien de corrélation entre El Niño et le vortex polaire, mais corrélation n’équivaut pas forcément à causalité ».

Les autres facteurs atmosphériques et océaniques comptent aussi. L’état de l’Atlantique Nord, par exemple, peut modifier les conditions météorologiques en Europe et atténuer ou renforcer certains effets associés à El Niño. Jean-Michel Soubeyroux, directeur scientifique adjoint de la direction de la Climatologie à Météo France, résume cette complexité : « Il y a une combinaison d’effets qui se cumulent entre eux. En Europe, les conditions climatiques de l’hiver prochain vont aussi dépendre de ce qu’il va se passer dans l’océan Atlantique Nord, par exemple, » rapporte le Parisien.

Les outre-mer davantage exposés aux conséquences d’El Niño

Si les conséquences d’El Niño restent difficiles à isoler en France métropolitaine, la situation est différente dans certains territoires ultramarins. Leur position géographique les rend davantage sensibles aux variations du phénomène dans les océans tropicaux. En Guyane par exemple, les épisodes El Niño provoquent généralement températures supérieures aux normales et des précipitations déficitaires. En Guadeloupe et en Martinique, des températures plus élevées, notamment durant la nuit, peuvent aussi être constatées.

Toutefois, il est nécessaire de préciser que la météo des prochains mois en France dépendra de plusieurs paramètres indépendants d’El Niño. La température particulièrement élevée des mers constitue déjà un facteur à surveiller. Une Méditerranée plus chaude peut en effet fournir davantage d’énergie aux systèmes pluvieux, cela peut favoriser des épisodes de fortes pluies et d’orages intenses dans le Sud-Est. El Niño ne suffit donc pas, à lui seul, à prévoir ce que l’hiver de cette année nous réserve.

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