Les finances publiques restent sous pression et l’exécutif cherche de nouvelles marges de manœuvre. Santé, écologie et dépenses sociales figurent parmi les pistes étudiées pour limiter le déficit.
Le gouvernement réunit ce mardi 7 juillet un comité d’alerte consacré au suivi des finances publiques. Cette instance rassemble notamment des élus, des économistes ainsi que les présidents des commissions des finances. Sa mission consiste à analyser l’évolution des recettes et des dépenses de l’État afin d’anticiper d’éventuels écarts avec les objectifs budgétaires fixés pour l’année en cours.
Cette réunion intervient dans un contexte de finances publiques toujours fragiles. Depuis plusieurs mois, l’exécutif multiplie les mesures destinées à contenir le déficit, alors que les recettes fiscales progressent moins vite qu’espéré et que plusieurs dépenses exceptionnelles sont venues alourdir les comptes. L’objectif affiché reste de limiter toute nouvelle dégradation avant la préparation du prochain projet de loi de finances.
Des dépenses supplémentaires liées aux tensions internationales
Au printemps, un premier comité d’alerte avait déjà conduit le gouvernement à geler une partie des crédits de plusieurs ministères. L’exécutif avait alors écarté l’hypothèse d’une réserve budgétaire disponible pour absorber les nouveaux coûts liés au contexte international. Les tensions au Moyen-Orient avaient entraîné une hausse des dépenses publiques, notamment en raison de l’augmentation des prix des carburants et des dispositifs de soutien accordés à certains secteurs économiques.
Selon les chiffres avancés par le gouvernement, ces mesures ont représenté environ 6 milliards d’euros de dépenses supplémentaires. Même si un protocole d’accord a été signé en juin et que les affrontements entre les États-Unis et l’Iran ont pris fin, leurs conséquences économiques continuent de peser sur les finances publiques. Les perturbations observées sur les marchés de l’énergie et les incertitudes géopolitiques alimentent encore la prudence de l’exécutif.
Des recettes fiscales moins élevées que prévu
Les difficultés ne proviennent pas uniquement des dépenses. Les recettes de l’État sont également inférieures aux prévisions initiales. Le ralentissement de la consommation de carburants entre les mois d’avril et de juin s’est traduit par une baisse des recettes issues de cette fiscalité. Le gouvernement estime ce manque à gagner à 80 millions d’euros, un montant qui s’ajoute aux autres tensions pesant sur le budget.
Dans le même temps, l’État a mobilisé 1,4 milliard d’euros afin de soutenir les automobilistes confrontés à la hausse des prix des carburants. L’exécutif souligne que cet effort reste très inférieur aux dispositifs mis en place en 2022 et 2023, au plus fort de la crise énergétique. Ces dépenses viennent malgré tout réduire les marges de manœuvre disponibles alors que la croissance économique s’annonce moins dynamique qu’espéré.
La santé et l’écologie dans le viseur de l’exécutif pour limiter le déficit
Comme le rapportent nos confrères de Franceinfo, les dernières prévisions tablent désormais sur une croissance d’environ 0,7 %, contre 0,9 % anticipé en début d’année. Cette révision réduit mécaniquement les recettes attendues et pousse le gouvernement à rechercher de nouvelles économies. Plusieurs ministères devraient être sollicités afin de poursuivre leurs efforts budgétaires dans les prochains mois.
Les dépenses sociales figurent parmi les principaux postes examinés. L’exécutif envisage notamment de renforcer le contrôle des arrêts maladie, de procéder à de nouveaux déremboursements de médicaments et de transférer une partie des dépenses vers les complémentaires santé. Ces pistes s’inscrivent dans une volonté de contenir la progression des dépenses de santé tout en limitant le recours à une hausse de la fiscalité.
MaPrimeRénov’ pourrait également être concernée
Le secteur de l’écologie pourrait lui aussi être mis à contribution. Le gouvernement étudie une réduction de l’enveloppe consacrée à MaPrimeRénov’, le dispositif destiné à accompagner les travaux de rénovation énergétique des logements. Une telle décision réduirait les crédits disponibles pour les ménages souhaitant améliorer la performance énergétique de leur habitation.
Les arbitrages définitifs ne sont pas encore connus, mais les prochains mois devraient être marqués par de nouvelles annonces destinées à contenir le déficit public. Entre une croissance moins dynamique, des recettes fiscales sous pression et des dépenses élevées, le gouvernement poursuit sa recherche d’économies afin de respecter ses engagements budgétaires. Les décisions retenues pourraient directement toucher plusieurs politiques publiques et avoir des conséquences concrètes pour les ménages comme pour les professionnels.








