La réforme des pensions portée par le gouvernement De Wever franchit une étape majeure. Après plusieurs mois de négociations et de débats, la Chambre a adopté un texte qui transformera progressivement plusieurs aspects du système de retraite belge. Une décision qui divise profondément la classe politique, les syndicats et les représentants des entreprises.
La réforme a été approuvée dans la nuit de jeudi à vendredi par les partis de la majorité. L’opposition a voté contre, tandis qu’Anders a choisi de s’abstenir. Ce projet figure parmi les mesures les plus importantes de l’accord de gouvernement conclu par la coalition Arizona. Pour l’exécutif, l’objectif est de renforcer le lien entre la durée de la carrière professionnelle et le montant de la pension.
Le gouvernement estime également que ces changements sont nécessaires pour faire face au vieillissement de la population et à la hausse des dépenses liées aux retraites.
Un malus pour les carrières incomplètes
La mesure la plus débattue concerne l’introduction d’un malus pension. Celui-ci s’appliquera aux personnes qui n’auront pas travaillé au moins 156 jours par an pendant 35 ans au cours de leur carrière. Le gouvernement souhaite ainsi encourager les parcours professionnels plus complets. Plusieurs exceptions sont toutefois prévues.
Les congés de maternité, les congés pour aidants proches, les périodes de maladie ainsi que le chômage temporaire continueront à être assimilés à des périodes de travail. Une marge de flexibilité de cinq années est également prévue afin d’éviter certaines situations jugées injustes.
Un bonus pour ceux qui travaillent plus longtemps
À l’inverse, la réforme instaure un bonus pension pour les travailleurs qui poursuivent leur activité après l’âge légal de la retraite. L’objectif est d’inciter davantage de personnes à prolonger leur carrière. Les personnes nées à partir de 1973 pourront bénéficier d’une augmentation de 5 % de leur pension par année supplémentaire travaillée.
Pour y avoir droit, elles devront toutefois justifier d’au moins 35 années de travail effectif avec un minimum de 156 jours prestés par an. Le texte modifie également les règles applicables à certaines professions. Les militaires et les conducteurs de train verront progressivement leur âge de départ à la retraite augmenter pour rejoindre l’âge légal fixé à 67 ans.
Du côté des fonctionnaires, le calcul de la pension sera progressivement étendu à l’ensemble de la carrière. Aujourd’hui basé sur les dix dernières années de travail, il prendra à terme en compte jusqu’à 45 années de carrière. Le mécanisme de péréquation sera également supprimé.
Une pension anticipée et des recours annoncés
La réforme introduit aussi une nouvelle formule de pension anticipée à partir de 60 ans pour les personnes ayant travaillé effectivement pendant 42 ans. Le service militaire et le congé de maternité seront pris en compte dans le calcul de cette durée. Malgré son adoption, le texte fait déjà l’objet de contestations.
Le PTB a annoncé son intention de saisir la Cour constitutionnelle, une démarche soutenue par la FGTB. À l’inverse, la Fédération des entreprises de Belgique (FEB) salue une réforme qu’elle juge indispensable pour maîtriser l’évolution des dépenses de pension. Avec ce vote, la Belgique engage l’une des plus importantes réformes de son système de retraite de ces dernières années.
Reste désormais à voir comment ces mesures seront appliquées et si elles résisteront aux recours annoncés.








