Après plusieurs mois de tensions tarifaires, les prix de l’énergie enregistrent une baisse au mois de mai 2025. Cette évolution concerne en priorité les contrats variables, plus exposés aux mouvements des marchés de gros.
La nouvelle tombe à point nommé pour les ménages, alors que le début d’année avait été marqué par des hausses substantielles liées aux coûts de transport et de distribution. Reste à savoir dans quelle mesure cette baisse se répercute réellement sur la facture des consommateurs.
Les prix de la « commodity » reculent, mais pas les frais fixes
Le recul des prix de gros du gaz et de l’électricité se traduit concrètement par une diminution de la partie dite « énergie » de la facture. En mai 2025, le prix du mégawattheure de gaz passe de 38,9 euros à 35,4 euros, tandis que celui de l’électricité chute de 94,6 euros à 84,1 euros, d’après Sudinfo. Ce mouvement touche d’abord les contrats variables, qui s’ajustent plus rapidement à la baisse. Certaines offres descendent ainsi sous la barre des 3 000 euros annuels pour une consommation type (3 500 kWh d’électricité et 17 000 kWh de gaz), ce qui n’avait plus été observé depuis 2021.
Pour les ménages, cette baisse représente une bouffée d’oxygène. Néanmoins, elle ne concerne qu’une partie de la facture : les frais de distribution, de transport et les taxes restent, eux, inchangés. Or, ce sont ces postes qui avaient connu les plus fortes hausses en début d’année, avec des augmentations parfois supérieures à 300 euros sur l’année pour certains foyers. Les consommateurs doivent donc composer avec une situation ambivalente : un allègement partiel, mais pas une réduction généralisée.
Les associations de défense des consommateurs encouragent la prudence. Elles recommandent de rester attentif aux offres disponibles sur le marché, notamment en comparant régulièrement les tarifs et en étudiant les conditions de révision des prix. Car tous les fournisseurs ne répercutent pas les baisses de la même manière ni avec la même rapidité.
Une stabilisation européenne qui influe sur les marchés belges
La dynamique observée en Belgique s’inscrit dans un contexte européen plus favorable qu’au cours des dernières années. Les réserves de gaz dans l’Union européenne sont remplies à hauteur de 64 %, un niveau considéré comme élevé à cette période. Cette situation réduit les risques de pénurie et fait baisser la pression sur les prix. En parallèle, l’approvisionnement en gaz naturel liquéfié (GNL) s’est renforcé, notamment via les terminaux belges comme celui de Zeebruges, qui joue un rôle de plaque tournante pour la distribution européenne.
L’hiver doux de 2024-2025 a également pesé sur la demande, réduisant mécaniquement la consommation d’énergie des ménages et des entreprises. À cela s’ajoutent les effets, encore modestes mais perceptibles, des efforts d’efficacité énergétique : isolation des bâtiments, réduction de la consommation et recours croissant à l’autoproduction via les panneaux solaires.
Pour les experts, ces éléments favorables ne doivent pas masquer la fragilité structurelle du marché. Les cours de l’énergie restent sensibles aux événements géopolitiques, aux décisions des pays producteurs et aux aléas climatiques. La baisse actuelle, si elle est bien réelle, pourrait donc ne pas s’inscrire dans la durée.
Les autorités de régulation, comme la CREG, appellent à renforcer la transparence dans la construction des prix et à revoir certains mécanismes de tarification. En particulier, la déconnexion entre la baisse des prix de marché et le maintien à un niveau élevé des frais fixes alimente l’incompréhension des consommateurs. Une réflexion est en cours pour adapter le cadre réglementaire et éviter que les baisses de marché ne soient neutralisées par des surcoûts structurels.








