Après un été marqué des canicules à répétition et une sécheresse qui a touché plusieurs régions, la récolte belge de pommes de terre démarre sous tension. Dans certaines exploitations, les producteurs découvrent des tubercules beaucoup plus petits qu’à l’habitude. Une mauvaise récolte pourrait donc impacter directement les industriels et des friteries, et des prix plus hauts pourraient être constatés dans les prochains mois.
Le bilan de l’Institut royal météorologique confirme des conditions inhabituelles. À Uccle, la température moyenne de l’été 2026 a atteint 20,3 °C, contre une normale de 17,9 °C sur la période 1991-2020. Il s’agit de la valeur la plus élevée enregistrée depuis 1991. Les précipitations ont totalisé 200,2 mm, contre 234,2 mm normalement, sur seulement 36 jours de pluie, contre 42,6 en moyenne.
Des pommes de terre beaucoup trop petites
À quelques jours de l’arrachage, Mathieu Colmijn décrit un sol devenu particulièrement dur. « On voit que la terre est super sèche, elle sèche sous forme de blocs tellement c’est sec. On arrive à peine à sortir les pommes de terre du sol et on voit qu’elles sont toutes petites pour la date », souligne l’agriculteur. Dans ses parcelles, certains tubercules seraient jusqu’à quatre fois plus petits que d’habitude à ce stade de la saison. « Ça ressemble à rien, ce n’est pas des belles patates », insiste-t-il auprès de RTL.
Le producteur relie cette situation à l’enchaînement météo des derniers mois. Les pluies du printemps ont détrempé certains sols avant qu’un été très chaud et sec ne change brutalement les conditions de culture. Le constat le surprend par son intensité : « Depuis que je suis revenu sur l’exploitation, j’ai jamais vu ça. Donc ça fait depuis 2012, j’ai jamais vu ça », déplore Mathieu Colmijn.
La taille ne suffit pourtant pas à déterminer seule le rendement final. Le nombre de tubercules formés par chaque plant entre aussi en compte. « Ça dépend de la tubérisation des pommes de terre. Quand on plante, il y a des années où il y a beaucoup de tubérisations, ça veut dire que vous avez beaucoup de pommes de terre, alors elles sont plus petites », explique Stéphane Comijn .
Pour mes producteurs qui sont liés aux industriels par des contrats conclus avant la récolte des volumes de récolte doivent être respectés. Par conséquent, lorsque la récolte est plus maigre que prévu, certains sont dans l’obligation d’utiliser des pommes de terre stockées de la campagne précédente, quand les réserves le permettent évidemment.
Les friteries pourraient subir des coûts plus élevés
Pour les friteries, le calibre compte directement. Les établissements privilégient généralement des pommes de terre longues et suffisamment grosses afin de couper des frites régulières. Pascal Willaert, propriétaire d’une friterie, résume la difficulté : « Ce qui est le mieux, c’est une longue pomme de terre et surtout une grosse pomme de terre. Ça, c’est ce qui est le mieux. Mais bon, maintenant, comme les saisons varient très très fort en ce moment, c’est difficile à trouver la frite parfaite ».
Si les gros calibres deviennent moins disponibles, les professionnels peuvent se retrouver avec des frites plus courtes ou devoir utiliser d’autres variétés. Une récolte faible peut aussi pousser le prix de la matière première vers le haut.








