Le système des flexi-jobs pourrait faire l’objet d’un nouvel examen en Belgique. Le ministre des Finances Jan Jambon (N-VA) souhaite mesurer si ce dispositif complémentaire risque, dans certains cas, de remplacer des emplois classiques.
Créés pour répondre aux besoins de main-d’œuvre de certains secteurs, les flexi-jobs permettent à des travailleurs remplissant certaines conditions d’exercer une activité complémentaire avec un régime fiscal spécifique. Le système s’est largement développé ces dernières années. Selon les chiffres avancés par Jan Jambon, environ un quart de million de personnes occupent aujourd’hui un flexi-job, pour une moyenne d’environ 100 heures par an.
La majorité des utilisateurs disposent déjà d’un emploi principal. Le ministre indique que 83 % des personnes concernées travaillent également à temps plein. La question posée par le gouvernement concerne surtout les autres situations : certains travailleurs pourraient-ils réduire leur activité principale pour compenser leurs revenus avec un flexi-job ? Pour Jan Jambon, cette hypothèse concerne une minorité des cas, mais mérite d’être étudiée.
Des inquiétudes autour de l’emploi classique
Le débat porte sur un possible phénomène de remplacement entre les flexi-jobs et les contrats traditionnels. L’enjeu est de déterminer si certains employeurs utilisent ces contrats comme une alternative à des engagements classiques. Le secteur de l’horeca est particulièrement observé. Une analyse évaluée par le Conseil national du travail, à partir de travaux de la Cour des comptes et du Bureau fédéral du Plan, relève des signes laissant penser que ce phénomène pourrait exister dans certaines entreprises.
Cette observation ne signifie pas que les flexi-jobs remplacent systématiquement des emplois réguliers. Le dispositif reste aussi utilisé pour répondre à des besoins ponctuels et compléter les revenus de nombreux travailleurs.
Jan Jambon ne remet pas en cause l’élargissement récent des flexi-jobs
Malgré ces interrogations, le ministre des Finances ne demande pas l’abandon du système. Son objectif est plutôt d’évaluer son fonctionnement et d’identifier d’éventuels ajustements. L’extension récente des flexi-jobs, approuvée par le gouvernement fédéral, n’est donc pas remise en question à ce stade. Pour Jan Jambon, comme pour d’autres dispositifs liés au marché du travail, l’enjeu consiste à trouver un équilibre entre souplesse pour les entreprises et protection de l’emploi classique.
La réflexion intervient alors que le gouvernement fédéral examine plusieurs dispositifs fiscaux et sociaux dans le cadre de ses objectifs budgétaires. Le futur examen des flexi-jobs devra notamment répondre à une question centrale : ces contrats créent-ils une activité supplémentaire ou remplacent-ils parfois des emplois qui auraient existé sous une autre forme ? Les résultats de ces analyses pourraient alimenter les prochaines discussions sur l’évolution du marché du travail belge.








