La cyberattaque qui a touché plusieurs supermarchés belges soulève une question pour les particuliers : leurs équipements domestiques peuvent-ils subir des intrusions similaires ? Avec la multiplication des appareils pilotables à distance, les risques informatiques ne concernent plus uniquement les ordinateurs et les smartphones.
Le lundi 2 novembre 2026, plusieurs dizaines de supermarchés belges ont été touchés par une cyberattaque visant leurs installations frigorifiques, selon les informations rapportées par RTL. Des magasins Delhaize, Carrefour, Intermarché et Spar figurent parmi les enseignes concernées. Les pirates auraient pris le contrôle à distance de certains équipements pour activer leur mode dégivrage, entraînant une hausse anormale des températures.
Cette manipulation a provoqué la perte de nombreuses denrées alimentaires. Pour les commerçants, les conséquences économiques concernent notamment la destruction des stocks, les interventions techniques et les perturbations de l’activité. Ces installations fonctionnent grâce à des systèmes connectés à des serveurs, qui autorisent leur surveillance et leur pilotage à distance.
Florian Evrard, installateur de domotique, explique que cette connexion peut également constituer une voie d’entrée pour les pirates lorsque les protections informatiques présentent des failles. Le problème dépasse les équipements professionnels. Dans les logements, les frigos connectés, thermostats, chauffages, éclairages et systèmes de sécurité reposent parfois sur des technologies comparables.
Une intrusion pourrait notamment entraîner des modifications de réglages, des dysfonctionnements ou l’exposition de certaines données personnelles. Aucun piratage de logements lié à l’attaque des supermarchés n’est néanmoins établi.
Comment protéger ses objets connectés des cyberattaques ?
Pour Xavier Bellekens, professeur en cybersécurité, les risques ne justifient pas l’abandon des objets connectés. L’objectif consiste plutôt à adopter des précautions adaptées à leur utilisation. La première recommandation concerne les mots de passe. Chaque appareil ou compte associé devrait disposer d’un identifiant robuste et différent, afin d’éviter qu’un accès compromis ne facilite d’autres intrusions.
Il est également conseillé d’activer l’authentification multifacteur, lorsqu’elle est disponible. Cette protection ajoute une vérification supplémentaire lors des connexions. Autre précaution : installer régulièrement les mises à jour des équipements et de leurs applications. Elles corrigent notamment des failles informatiques susceptibles d’être exploitées.
Florian Evrard recommande aussi d’activer les notifications de connexion. Ces alertes peuvent signaler rapidement un accès inhabituel à un appareil depuis un autre emplacement. La sécurité du réseau domestique compte également. Un wifi protégé par un mot de passe solide, un routeur à jour et un pare-feu actif réduisent certains risques d’intrusion. Les fonctions d’administration à distance inutilisées peuvent être désactivées.
Les conséquences financières d’un piratage domestique dépendraient des appareils concernés : réparations, remplacement d’équipements ou pertes de denrées alimentaires. L’incident des supermarchés belges rappelle ainsi l’intérêt de sécuriser les équipements connectés, sans considérer que tous les appareils domestiques présentent les mêmes vulnérabilités. Une vigilance régulière reste préférable à l’abandon de ces technologies.








