Baisse historique de la rémunération moyenne des dirigeants du Bel 20

En 2024, le salaire moyen des CEO du Bel 20 a diminué, bien que des fluctuations importantes aient marqué certains cas, comme celui d’Ilham Kadri de Syensqo.

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Bel 20
Les CEO du Bel 20 face à la baisse salariale en 2024 : focus sur les plus grosses variations : Crédit : Canva | Econostrum.info - Belgique

En 2024, les dirigeants des entreprises cotées sur l’indice Bel 20 ont connu une baisse significative de leur rémunération moyenne. Le salaire moyen des CEO de cet indice se situe désormais à 3 millions d’euros, en recul de 9% par rapport à 2023 où il s’élevait à 3,29 millions d’euros. 

Cette évolution reflète les ajustements économiques mais également des situations individuelles marquées par des fluctuations notables dans certains cas. Ces ajustements dans les packages de rémunération posent des questions sur les facteurs influençant ces décisions et sur la manière dont les dirigeants sont rétribués au sein des grandes entreprises belges.

Des évolutions contrastées : de la stabilité à l’extrême fluctuation

Si la rémunération moyenne des CEO du Bel 20 a diminué cette année, cette tendance cache des écarts importants d’une entreprise à l’autre. En effet, les packages de rémunération ont varié pour la plupart des dirigeants, certains voyant leur salaire stagner ou reculer de manière modérée, tandis que d’autres ont connu des ajustements bien plus marqués. Parmi les cas les plus significatifs figure celui d’Ilham Kadri, CEO du groupe Syensqo, qui a enregistré une fluctuation importante de sa rémunération, a rapporté Le Soir.

En 2023, le salaire de Kadri avait atteint des sommet avec des bonus exceptionnels, notamment suite à la scission de Solvay en deux entités distinctes : Solvay et Syensqo. Cette décision stratégique a généré des résultats financiers impressionnants pour l’entreprise et a conduit à un package de rémunération exceptionnel pour la dirigeante, qui s’élevait à près de 22,3 millions d’euros en 2023. Cependant, en 2024, sa rémunération est revenue à 9,1 millions d’euros, ce qui représente une baisse de 59%. Cette diminution est en grande partie due à un bonus de rétention exceptionnel de 3,5 millions d’euros, qu’elle percevra également cette année et l’année prochaine, mais qui n’empêche pas une réduction notable de sa rémunération globale.

Malgré cette diminution, Ilham Kadri reste l’une des dirigeantes les mieux rémunérées du Bel 20 et conserve sa place en tête du classement, un statut qu’elle doit notamment à sa gestion de la transition et de la scission au sein du groupe Solvay. Kadri est également l’une des rares femmes à occuper ce type de poste dans un secteur industriel dominé par des hommes, ce qui souligne encore davantage la singularité de son parcours dans l’univers des grandes entreprises belges.

La gestion des rémunérations dans un contexte économique difficile

La baisse généralisée des salaires des CEO du Bel 20 ne peut être attribuée uniquement à des choix internes des entreprises. Elle est aussi le reflet d’un contexte économique difficile, marqué par des incertitudes financières et des pressions croissantes sur les coûts. Les grandes entreprises belges sont confrontées à des défis considérables, notamment l’impact de l’inflation, des coûts énergétiques élevés, et les tensions sur les marchés financiers. Face à ces enjeux, les conseils d’administration ont dû ajuster leurs stratégies de rémunération pour répondre à la fois aux attentes des actionnaires et à la nécessité de maintenir une certaine image publique des grandes entreprises.

Si certaines entreprises ont décidé de réduire les bonus ou de limiter les hausses salariales pour leurs dirigeants, d’autres ont mis en place des rémunérations fixes plus stables, mais moins basées sur des primes variables. Cette approche vise à donner un signal de responsabilité dans un environnement où l’optimisation des coûts et la gestion des risques sont devenues essentielles pour maintenir la compétitivité à long terme.

Il est également intéressant de noter que certains CEO ont vu leur rémunération stabilisée ou même augmentée, notamment ceux des secteurs moins impactés par la crise économique. Les grandes entreprises technologiques ou celles évoluant dans des secteurs porteurs comme les énergies renouvelables ont souvent vu leurs dirigeants bénéficier de rémunérations plus généreuses, en raison de la forte demande dans ces domaines.

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