Commerce en ligne : Bruxelles serre la vis face à l’afflux de colis hors UE

La Belgique renforce ses contrôles sur les colis étrangers pour protéger l’économie, les consommateurs et les entreprises face aux pratiques abusives.

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Commerce en ligne : Bruxelles serre la vis face à l’afflux de colis hors UE. Crédit : Adobestock | Econostrum.info - Belgique

La Belgique est devenue un point de passage majeur pour les colis étrangers, notamment en provenance de Chine. Chaque jour, près de 3,6 millions de petits colis transitent par le pays, soit 1,2 milliard par an, et une large partie passe par l’aéroport de Liège. Face à ce flux constant, les autorités mettent en place de nouvelles règles pour mieux encadrer les envois et limiter les risques pour l’économie, la santé et l’environnement.

Pour freiner ce phénomène, l’Europe introduit une taxe sur les colis hors Union européenne. À partir du 1er juillet, tout colis inférieur à 150 euros sera taxé 3 euros, et cette somme sera portée à 5 euros en novembre. Une partie des recettes générées, estimée entre 150 et 200 millions d’euros, reviendra à la Belgique. Selon le ministre fédéral de l’Économie, David Clarinval, cette mesure devrait contribuer à limiter le dumping et à dissuader les pratiques non conformes aux normes européennes.

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Ministre fédéral de l’Économie, David Clarinval. Crédit : Belga

 

Reprendre le contrôle du commerce en ligne

La Belgique a longtemps laissé passer ces flux sans contrôle suffisant, une approche que le gouvernement juge aujourd’hui trop naïve. Pour y remédier, une task-force baptisée « e-commerce Plus » a été créée. Elle réunit fédérations sectorielles, associations de consommateurs et ministères, et coordonne un plan d’action pour protéger les entreprises locales et renforcer la sécurité des produits.

Parmi les mesures prévues : renforcer les contrôles douaniers, utiliser l’intelligence artificielle pour détecter les fraudes, et déployer des « mystery shoppers » pour identifier les pratiques abusives. Une académie e-commerce sera également créée pour former les inspecteurs et contrôleurs.

Protéger consommateurs et entreprises

La Belgique s’attaque aussi au dropshipping, qui prive souvent le consommateur de garanties. Les sites étrangers ne pourront plus utiliser un domaine .be sans représentation légale en Europe. Selon le ministre Clarinval, il est important que les consommateurs comprennent les conséquences de leurs achats impulsifs : un produit bon marché peut coûter cher à long terme, en termes de durabilité, de sécurité et d’impact sur l’économie locale.

Le pays souhaite renforcer ses relations commerciales avec des partenaires fiables, comme le Royaume-Uni, la Suisse ou la Norvège, tout en limitant les échanges avec les pays qui pratiquent le dumping ou imposent des barrières tarifaires agressives. Cette stratégie s’inscrit dans la logique européenne du « Made in EU », qui vise à soutenir les entreprises locales tout en sécurisant le commerce transfrontalier.

Avec ces mesures, la Belgique entend replacer l’économie, la sécurité et la qualité au centre des transactions en ligne, tout en responsabilisant les consommateurs face aux conséquences de leurs achats.

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