Réforme du chômage : la Belgique compte désormais plus de bénéficiaires du revenu d’intégration que de chômeurs

Le paysage social belge connaît un bouleversement inédit. La réforme du chômage redistribue les cartes et suscite des inquiétudes pour les ménages les plus fragiles.

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Réforme du chômage : la Belgique compte désormais plus de bénéficiaires du revenu d’intégration que de chômeurs : Crédit : Canva | Econostrum.info - Belgique

La réforme du chômage bouleverse le paysage social belge. Pour la première fois, les bénéficiaires du revenu d’intégration sont plus nombreux que les chômeurs indemnisés. Derrière ce basculement, des milliers de ménages voient leur situation financière changer, tandis que les CPAS font face à une demande croissante.

La Belgique vient de franchir un cap inédit dans son système de protection sociale. Selon une analyse publiée lundi 12 octobre par De Standaard, sur la base des statistiques des administrations concernées, le nombre de bénéficiaires du revenu d’intégration sociale dépasse désormais celui des chômeurs percevant des allocations. Cette évolution intervient dans le contexte de la réforme du chômage engagée par le gouvernement de Bart De Wever.

Plus de 200.000 bénéficiaires du CPAS contre 185.500 chômeurs en Belgique

Les chiffres montrent à quel point la situation a changé en seulement un an. En août 2025, la Belgique comptait encore 304.000 chômeurs complets indemnisés, contre environ 166.000 bénéficiaires du revenu d’intégration versé par les centres publics d’action sociale (CPAS). En août 2026, le nombre de chômeurs indemnisés est tombé à 185.500 personnes, soit une baisse de 118.500 bénéficiaires par rapport à l’année précédente. Cela représente un recul d’environ 39 %.

À l’inverse, le nombre de personnes percevant un revenu d’intégration a franchi la barre des 200.000 dès avril 2026. C’est à ce moment que les deux courbes se sont croisées pour la première fois. Le Service public fédéral de programmation Intégration sociale (SPP Intégration sociale) prévoit que cette évolution se poursuivra. Le nombre de bénéficiaires du CPAS pourrait ainsi rester durablement supérieur à celui des chômeurs indemnisés.

Ce basculement ne signifie pas nécessairement que davantage de personnes travaillent. La baisse du nombre de chômeurs indemnisés traduit aussi la sortie de certaines personnes du système d’assurance chômage, sans qu’elles aient toutes retrouvé un emploi.

Réforme du chômage : 133.000 exclusions et une pression croissante sur les CPAS

Cette évolution intervient après la réforme engagée par le gouvernement de Bart De Wever. La nouvelle réglementation limite désormais le versement des allocations de chômage à deux ans maximum, sous réserve des exceptions prévues par la législation. Depuis janvier 2026, 133.000 personnes ont perdu leurs allocations de chômage. Le gouvernement fédéral compte réaliser près de 2 milliards d’euros d’économies grâce au durcissement des conditions d’indemnisation.

Mais une partie des dépenses sociales se déplace vers les communes, qui financent une partie des aides distribuées par les CPAS. Depuis janvier, plus de 57.000 personnes supplémentaires ont perçu un revenu d’intégration. Parmi elles, 43 % sont d’anciens bénéficiaires d’allocations de chômage supprimées. Cette proportion dépasse les estimations du ministre fédéral de l’Emploi, David Clarinval (MR). Celui-ci prévoyait qu’environ un tiers des personnes privées de leurs allocations demanderaient ensuite un revenu d’intégration.

La différence pèse sur les finances publiques. Le revenu d’intégration est une aide sociale financée par les pouvoirs publics et accordée sous conditions de ressources. Son attribution dépend notamment de la situation familiale, des revenus disponibles et de l’examen réalisé par le CPAS. Contrairement aux allocations de chômage, le revenu d’intégration n’est pas accordé automatiquement après une exclusion. Les personnes concernées doivent déposer une demande auprès du CPAS de leur commune, qui examine leur situation financière.

Certaines personnes peuvent ainsi perdre leurs allocations sans avoir droit à cette aide, notamment lorsque les ressources de leur ménage dépassent les plafonds applicables. Pour les CPAS, cette évolution se traduit par davantage de dossiers à examiner et de personnes à accompagner. Elle soulève également la question de la répartition des dépenses entre l’État fédéral et les pouvoirs locaux.

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