La sécheresse se poursuit en Belgique alors que les précipitations restent insuffisantes. Les prévisions météorologiques ne laissent pas entrevoir de retour important de la pluie dans les prochains jours, une situation qui fragilise les cours d’eau et certains captages destinés à l’alimentation en eau potable.
Le mois d’août a été marqué par une sécheresse record dans plusieurs pays européens, dont la Belgique, la France, l’Autriche, la Suisse ou encore la Slovaquie. Selon l’Observatoire européen de la sécheresse (EDO), il s’agit du mois d’août le plus sec observé depuis le début des relevés de l’organisme en 2012. En Belgique, l’Institut Royal Météorologique (IRM) estime que le déficit de pluie pourrait encore durer plusieurs semaines, avec une situation susceptible de se prolonger jusqu’en novembre.
Les cours d’eau et les captages d’eau potable sous pression
Les météorologues surveillent attentivement l’évolution de la situation, alors que les sols restent fortement asséchés. Pascal Mormal, météorologue à l’IRM, explique à la RTBF que les prochains jours ne devraient pas apporter d’amélioration notable. « Dans les dix prochains jours, on n’attend pas de précipitations très importantes. Donc on va conserver ce déficit. Et si on analyse les tendances sur les trois derniers mois, on sera probablement dans la séquence la plus sèche depuis 1970. Donc c’est quand même assez significatif ».
Cette absence de pluie a déjà des conséquences visibles sur les ressources en eau. Le Service public de Wallonie observe une baisse du niveau et du débit de plusieurs cours d’eau, notamment celui de la Meuse. La situation concerne aussi certains captages d’eau potable. À Profondeville, le captage de Tailfer joue un rôle majeur dans l’approvisionnement de Bruxelles. Exploité par Vivaqua, il fournit près d’un tiers de l’eau distribuée dans la capitale grâce aux prélèvements effectués dans la Meuse.
Depuis la mi-juillet, Vivaqua a dû réduire les quantités d’eau pompées afin de préserver la ressource. Si les précipitations ne reviennent pas, des restrictions supplémentaires pourraient être envisagées. « On ne peut déjà plus produire que 130.000 m3 d’eau par jour », explique Nicolas Yernaux, porte-parole du Service public de Wallonie. « Et là, ils sont vraiment à la limite de passer en phase 2 et donc on ne pourrait plus produire à ce moment-là que 90.000 m3. Donc ça aurait vraiment des répercussions pour eux très concrètes et ils seraient probablement obligés d’aller puiser dans leurs réserves ».
Une sécheresse qui touche une grande partie de l’Europe
La situation belge s’inscrit dans un phénomène plus large à l’échelle européenne. Selon les données analysées par l’Observatoire européen de la sécheresse, environ 58 % du territoire de l’Union européenne ont connu un déficit d’eau en août, soit près de 2,5 millions de km². Cet indicateur repose sur trois éléments : les précipitations, l’humidité des sols et l’état de la végétation. Il distingue trois niveaux : surveillance, avertissement et alerte.
La part du territoire européen touchée en août 2026 dépasse largement la moyenne observée entre 2012 et 2025, qui s’établissait à 33 %. Elle reste néanmoins inférieure au record enregistré en 2022, avec 63 % du territoire concerné. L’Europe centrale a été particulièrement touchée. En Hongrie, environ deux tiers du territoire ont atteint le niveau d’alerte. En Slovaquie et en Serbie, environ un tiers des territoires concernés ont franchi ce seuil.
Une étude du consortium scientifique ClimaMeter publiée jeudi estime que les épisodes de sécheresse comparables à celui observé entre juin et août 2026 sont devenus plus fréquents. Selon cette analyse, une période de sécheresse de trois mois d’une telle intensité serait aujourd’hui environ trois fois plus probable qu’entre 1950 et 1987. Pour les gestionnaires de l’eau, la priorité reste donc de suivre l’évolution des réserves et des précipitations dans les prochaines semaines afin d’adapter les mesures nécessaires.








