Les prochains mois s’annoncent difficiles pour les Belges. Face à une situation budgétaire plus qu’alarmante, le gouvernement fédéral prépare plusieurs mesures qui pourraient impacter les finances d’une grande partie de la population. Bart De Wever prévient déjà que personne ne sera totalement épargné.
Le gouvernement fédéral belge doit encore définir les contours d’un nouveau plan d’économies qui a pour objectif de réduire la pression sur les finances publiques. L’objectif fixé atteint environ 10 milliards d’euros d’ici 2029. Dans une interview accordée à Bel RTL, le Premier ministre Bart De Wever a reconnu que les décisions à venir représentaient un moment difficile sur le plan politique et humain.
« Je ne dors pas bien et je pense beaucoup à ça », a-t-il confié. Selon lui, le principal problème réside dans la difficulté à répartir les efforts. « Tout le monde pense: si on fait des économies, ce sera chez mon voisin, pas chez moi. » Le chef du gouvernement a également évoqué la question des recettes supplémentaires.
De Wever se veut réaliste
Il estime que les discussions sur une éventuelle hausse des contributions visent généralement les ménages les plus aisés, mais que chacun a tendance à considérer qu’une autre personne doit davantage contribuer. « Si on cherche des recettes, ce seront des recettes sur les gens qui sont riches. Et quelqu’un qui est riche, c’est toujours quelqu’un qui est plus riche que toi. Tu n’es jamais riche, c’est quelqu’un d’autre plus riche que toi qui devra payer les comptes. »
Pour De Wever, prendre des mesures qui ne touchent qu’une petite partie de la population s’annonce compliqué. Le Premier ministre considère que l’ensemble de la société belge ressentira les conséquences des prochaines manoeuvres du gouvernement. « La réalité, c’est que nous sommes dans une situation où tout le monde va sentir les conséquences de ce que nous faisons, peu importe comment nous le faisons. »
Les arbitrages du gouvernement devront encore préciser les secteurs concernés. Les discussions devraient porter sur la réduction des dépenses publiques, mais aussi sur les moyens d’augmenter les recettes afin de respecter les objectifs budgétaires.
La Belgique face aux difficultés économiques européennes
Bart De Wever estime que les citoyens sont conscients de l’état actuelle des choses. Selon lui, la situation de la Belgique s’inscrit dans un contexte européen marqué par des changements économiques rapides. « Toute l’Europe est en difficulté, le monde change très vite et l’Europe est devenue un continent vieux. Les Chinois et les Américains nous dépassent, nous ne sommes plus au sommet en innovation, en productivité, et donc nous recevons des coups de partout », a-t-il déclaré.
Lors de sa prise de parole, le Premier ministre belge a aussi insisté sur le sujet de la défense. Celui-ci estime que les pays européens doivent renforcer leurs capacités dans un contexte international de moins en moins sûr. « Nous sommes incapables d’organiser notre propre défense, et nous subissons des humiliations constantes. » Pour Bart De Wever, ces évolutions économiques et géopolitiques expliquent pourquoi la Belgique doit revoir ses priorités budgétaires.
« Donc les gens savent très bien qu’il faut se mettre en marche et que, certainement en Belgique, nous sommes en grave difficulté », a-t-il conclu. Les prochaines semaines seront donc consacrées aux négociations au sein du gouvernement fédéral. Les décisions finales détermineront la répartition des économies demandées et les secteurs qui seront impactés par les mesures prises par le gouvernement.








