Le marché automobile belge connaît une évolution marquée. Les acheteurs privilégient davantage les voitures d’occasion âgées de plus de dix ans, principalement pour réduire le budget consacré à leur véhicule.
Les voitures proposées sur le marché de l’occasion en Belgique affichent désormais un âge moyen supérieur à dix ans. Une évolution qui traduit un changement dans les habitudes d’achat des automobilistes. Face à la hausse du coût global d’un véhicule, de nombreux Belges choisissent des modèles plus anciens, mais moins chers à l’achat. Pour certains conducteurs, une voiture âgée représente une solution pour continuer à se déplacer tout en limitant leurs dépenses.
Plusieurs propriétaires expliquent privilégier des véhicules ayant déjà plusieurs années au compteur. Malgré leur âge, certains modèles restent jugés fiables, notamment lorsqu’ils passent les contrôles techniques sans difficulté. Un automobiliste témoigne ainsi avoir acheté une voiture de plus de dix ans et espère pouvoir encore l’utiliser pendant plusieurs années. Un autre explique avoir acquis son véhicule pour 2 800 euros, soit une somme largement inférieure au prix d’un modèle neuf ou récent.
Les concessionnaires adaptent leur offre à la demande
Cette évolution pousse également les professionnels de l’automobile à revoir leurs critères de sélection. Les concessionnaires proposent désormais davantage de véhicules plus anciens afin de répondre aux attentes d’une clientèle à la recherche de prix plus accessibles. Guillaume Lietart explique que son entreprise proposait auparavant principalement des véhicules âgés de moins de cinq ans avec moins de 100 000 kilomètres au compteur.
Face à une demande croissante pour des modèles moins chers, l’offre a été élargie aux voitures allant jusqu’à dix ans et 150 000 kilomètres, avec des garanties adaptées. Les professionnels constatent donc une transformation du marché : le prix devient un critère de choix majeur, parfois devant l’âge ou le kilométrage du véhicule.
Le budget automobile pèse de plus en plus dans les dépenses des ménages
Selon la Fédération du secteur automobile, un Belge consacre en moyenne environ 360 euros par mois à sa voiture. Un montant qui pousse certains ménages à arbitrer leurs dépenses. Pour Filip Rylant, porte-parole de la Fédération du secteur automobile, les consommateurs raisonnent davantage en fonction du coût mensuel d’un véhicule. Avec un budget limité, certains préfèrent réduire la part consacrée à l’automobile afin de conserver des dépenses pour les loisirs ou les vacances.
Cette évolution intervient alors que le prix des véhicules neufs a fortement progressé ces dernières années, tandis que les coûts liés à l’entretien, à l’assurance et à l’utilisation restent des éléments importants dans le choix d’un véhicule.
Bruxelles particulièrement concernée par cette tendance
La tendance est particulièrement visible à Bruxelles, où les conducteurs continuent de se tourner vers des véhicules plus anciens malgré les contraintes liées à la zone de basse émission. Les restrictions visant les véhicules les plus polluants n’empêchent pas certains automobilistes de privilégier des modèles âgés, principalement pour des raisons financières.
Le marché belge de l’occasion illustre ainsi une évolution des comportements : face aux coûts liés à la mobilité, de plus en plus de conducteurs recherchent avant tout un véhicule abordable, quitte à choisir une voiture ayant dépassé les dix ans.








