Bpost : les réclamations liées aux retards de colis pourraient coûter plusieurs millions d’euros

Les retards de livraison liés aux grèves chez Bpost pourraient coûter plusieurs millions d’euros au groupe dans les prochains mois.

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Bpost : les retards de colis pourraient coûter plusieurs millions d’euros au groupe. Crédit : Shutterstock | Econostrum.info - Belgique

Après plusieurs semaines de perturbations liées aux grèves chez Bpost, les conséquences financières commencent à se préciser. Le groupe logistique belge anticipe désormais des demandes d’indemnisation qui pourraient atteindre plusieurs millions d’euros, alors que de nombreux colis ont subi d’importants retards de livraison.

Les mouvements sociaux ont débuté à la fin du mois de mars avant de se prolonger durant une grande partie du mois d’avril. Pendant cette période, les activités de livraison ont été fortement ralenties dans plusieurs régions du pays. Selon les explications fournies par le directeur financier de Bnode, maison-mère de Bpost, les conséquences sur les opérations ont été importantes, notamment dans le secteur des colis.

En avril, les volumes traités par Bpost ont chuté de près de 25 %, soit environ 3,2 millions de colis perdus au profit d’entreprises concurrentes. Face à l’accumulation des colis non distribués, Bpost a dû mobiliser des solutions de stockage exceptionnelles. Près de 700.000 colis ont notamment été entreposés sur l’ancien site Caterpillar de Charleroi ainsi que dans d’autres infrastructures temporaires.

Plusieurs millions d’euros de réclamations attendus

Le groupe prévoit désormais de devoir faire face à des demandes d’indemnisation déposées par certains clients professionnels touchés par les retards de livraison. Selon Philippe Dartienne, ces réclamations pourraient représenter “quelques millions d’euros”. Ces coûts ne sont pas encore intégrés dans les résultats financiers communiqués par l’entreprise. Bnode précise que l’impact direct des grèves sur le bénéfice d’exploitation devrait déjà atteindre environ 15 millions d’euros au deuxième trimestre.

Au-delà des remboursements potentiels, le groupe souligne également les nombreuses dépenses supplémentaires engagées pendant cette période. Certaines livraisons ont dû être confiées à des filiales ou à des partenaires externes afin de limiter les retards les plus importants.

Bpost craint aussi une perte durable de clients

L’entreprise s’inquiète désormais des conséquences à plus long terme sur sa position sur le marché belge des colis. Même si les activités ont repris normalement, les volumes restent actuellement inférieurs à ceux observés avant les grèves. Bpost redoute que certains clients professionnels aient décidé de se tourner vers des concurrents après les perturbations des dernières semaines. Le groupe reconnaît qu’il est encore trop tôt pour mesurer précisément l’ampleur de cette perte potentielle de parts de marché.

Cette situation intervient dans un contexte déjà compliqué pour le secteur logistique, marqué par une forte concurrence et des marges sous pression.

La hausse des coûts énergétiques sous surveillance

En parallèle des conséquences liées aux grèves, Bnode surveille également les effets du conflit au Moyen-Orient sur les coûts de fonctionnement du groupe. L’entreprise évoque notamment un risque de hausse des prix de l’énergie et de tensions sur l’approvisionnement en carburant. Pour limiter les conséquences financières, Bpost explique avoir mis en place des mécanismes de couverture contre la volatilité des prix énergétiques pour cette année.

Certaines hausses de coûts peuvent également être répercutées auprès des clients via des clauses prévues dans les contrats. Le groupe devra aussi composer avec une hausse attendue des coûts salariaux en Belgique. Le prochain dépassement de l’indice pivot devrait entraîner une augmentation automatique des salaires dès le mois de septembre, avec un nouveau dépassement déjà attendu en fin d’année.

Dans ce contexte, Bpost entre dans une période particulièrement sensible, entre réorganisation interne, pression sur les coûts et risque de perte durable de clients après plusieurs semaines de fortes perturbations.

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