La réforme du chômage met une pression énorme sur les CPAS du pays, avec un afflux massif de dossiers de revenu d’intégration. Les trois fédérations des CPAS réclament d’urgence des mesures de soutien temporaires pour éviter l’effondrement du système. Les assistantes sociales, déjà surchargées, ne peuvent plus faire face seules à cette situation.
Les fédérations des CPAS alertent sur la pression considérable exercée sur leurs équipes. L’augmentation des dossiers, combinée à de nouvelles règles de calcul des aides et à une absence de simplification administrative, menace leur capacité à traiter les demandes dans les délais impartis. En 2025, un nombre croissant de personnes exclues du chômage se tournent vers le revenu d’intégration sociale (RIS), un système d’aide qui exige un travail d’enquête approfondi pour vérifier les ressources des demandeurs.
Dorothée Klein, présidente du CPAS de Namur et de la Fédération des CPAS, résume bien la situation : « Les CPAS demandent du temps, de l’argent et un peu de respect, surtout pour les assistantes sociales« , rapporte la RTBF. Ce besoin urgent de soutien est crucial alors que la charge administrative ne cesse de croître.
Les impacts de la réforme du chômage
La réforme du chômage, mise en place par le gouvernement Arizona, prévoit que les personnes ayant perdu leurs droits au chômage se tournent vers le RIS. Toutefois, ce mécanisme est bien plus complexe à gérer que l’allocation chômage, car il nécessite un examen minutieux de la situation financière des demandeurs. Cela a généré une surcharge administrative importante pour les CPAS, qui doivent maintenant gérer des dossiers plus complexes et plus nombreux.
« Les chiffres dits officiels, qui sont donnés sur la réforme ne correspondent pas du tout à ce qu’on vit sur le terrain« , déclare Dorothée Klein, soulignant la nécessité d’un monitoring fiable pour évaluer l’impact réel de cette réforme. Les CPAS s’inquiètent de l’absence de compensation financière suffisante pour couvrir les coûts engendrés par cette réforme.
Les mesures demandées pour alléger la charge
Pour éviter un effondrement des services, les fédérations de CPAS réclament plusieurs mesures urgentes. Elles demandent un moratoire de six mois sur toute nouvelle réforme touchant les CPAS, ainsi qu’un système de crise temporaire pour éviter l’ouverture de nouveaux dossiers dans les conditions actuelles. Elles souhaitent également la possibilité de déterminer la nécessité des visites à domicile dans le cadre des enquêtes sociales. Les assistants sociaux doivent gérer un volume croissant de dossiers, certains dépassant les 110 à 120 cas par agent.
Par ailleurs, les fédérations demandent un allongement du délai pour la réalisation des projets individualisés d’intégration sociale (PIIS), de trois à neuf mois, et un financement pour l’adaptation des logiciels sociaux afin de gérer les nouvelles exigences administratives.
La question de l’équité et des coûts
Les fédérations des CPAS plaident également pour une compensation financière complète du revenu d’intégration, en augmentant les frais de personnel pour les assistants sociaux surchargés, ainsi que pour les personnes en fin de droit au chômage ou qui font une demande tardive. Ce soutien financier permettrait de mieux répartir la charge administrative.
Enfin, elles insistent sur la nécessité de mettre en place un système de monitoring commun avec le gouvernement fédéral pour assurer une transparence complète sur l’impact des réformes sur les CPAS et les pouvoirs locaux.








