Le cadmium, un métal lourd toxique, a récemment été détecté dans plusieurs produits alimentaires en France, déclenchant une alerte sanitaire. Bien que la situation soit particulièrement grave en France, la Belgique est-elle également touchée par cette contamination ?
Le cadmium est un métal lourd naturellement présent dans certains sols, principalement en raison de l’utilisation d’engrais phosphatés, qui en contiennent des traces. C’est un métal particulièrement dangereux, classé cancérigène, et il peut entraîner de graves problèmes de santé, affectant notamment les reins et les os, et entraînant des risques de cancer en cas d’exposition prolongée. Bien qu’il soit présent en faibles quantités dans de nombreux produits, une exposition élevée, comme celle observée récemment en France, peut représenter un danger réel pour la population.
La France secouée par une contamination alimentaire importante
En France, un scandale sanitaire a éclaté après la publication d’un rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) en mars 2026. Ce rapport a révélé que des produits alimentaires courants, tels que les céréales, les pâtes et les pommes de terre, contiennent des niveaux de cadmium bien plus élevés que dans d’autres pays européens. Cette contamination est principalement due à l’utilisation excessive d’engrais phosphatés dans les sols agricoles. Le cadmium, naturellement présent dans les roches utilisées pour fabriquer ces engrais, s’accumule dans le sol et se retrouve ainsi dans nos aliments.
Cette situation a été décrite comme particulièrement préoccupante, avec des taux de cadmium jusqu’à quatre fois plus élevés qu’ailleurs en Europe.
La Belgique : une situation moins préoccupante, mais à surveiller
En Belgique, la situation est moins grave, mais elle mérite toutefois notre attention. Le cadmium est présent dans certains sols, notamment dans des zones proches des anciens sites industriels en Wallonie. Bien que les niveaux de contamination soient plus faibles qu’en France, des traces de cadmium ont été détectées chez plus de 90 % des enfants et adultes analysés en Wallonie, rapporte RTL.
Le Service public de Wallonie reconnaît que certaines zones sont davantage contaminées, notamment à proximité des anciennes zones industrielles. Cependant, les concentrations restent généralement inférieures à celles relevées en France, bien que des mesures de surveillance renforcées soient nécessaires.
L’origine de la contamination en cadmium : les engrais phosphatés
Les engrais phosphatés restent la principale source de contamination au cadmium en Belgique, tout comme en France. Ces engrais, fabriqués à partir de roches phosphatées, contiennent naturellement du cadmium, et leur utilisation dans l’agriculture permet à ce métal de pénétrer dans les sols, puis dans les cultures. En Belgique, les phosphates utilisés proviennent souvent de régions moins contaminées, comme l’Est, mais avec les évolutions géopolitiques, la provenance de ces engrais pourrait changer, et la situation pourrait évoluer.
Actuellement, la Belgique respecte les normes européennes qui limitent la quantité de cadmium autorisée dans les engrais, mais certains experts jugent ces limites trop élevées et plaident pour des normes plus strictes.
Un appel à la vigilance et à la régulation
La situation actuelle, tant en France qu’en Belgique, souligne l’importance de renforcer les mesures de régulation concernant l’utilisation des engrais phosphatés et de revoir les seuils de cadmium dans les produits agricoles. Bien que la situation en Belgique soit moins grave que dans d’autres pays voisins, il est impératif de continuer à surveiller la qualité des sols et des produits alimentaires, notamment dans les régions à risque. Des efforts doivent également être déployés pour sensibiliser les agriculteurs et les consommateurs aux dangers liés à cette pollution.








