Le Conseil des ministres décidera ce vendredi de la suppression de l’heure de fermeture obligatoire pour les magasins. Cette mesure permettrait aux commerces de rester ouverts jusqu’à 21h, sans obligation.
L’annonce de cette possible évolution suscite des réactions mitigées, notamment parmi les travailleurs indépendants. Le Syndicat neutre des travailleurs indépendants (SNTI) a exprimé ses réserves, estimant que cette mesure bénéficierait davantage aux grandes multinationales qu’aux petites entreprises. Selon eux, les coûts d’exploitation augmenteront pour les indépendants, tandis que les revenus resteront inchangés. Ils redoutent une concurrence accrue des grandes enseignes, mieux équipées pour faire face à des horaires étendus, ce qui pourrait nuire aux petits commerces locaux.
La ministre Simonet défend la réforme de l’heure de fermeture
De son côté, la ministre des Petites et Moyennes Entreprises, des Travailleurs indépendants et des PME, Eléonore Simonet, a minimisé les critiques, soulignant qu’il n’y aurait “aucun inconvénient” pour les commerçants qui préfèrent maintenir des horaires plus courts, rapporte le Soir. Elle a rappelé que certains magasins choisissent déjà de fermer à 18h, indépendamment de la législation, et que cette réforme ne changerait rien pour eux. L’objectif est de lever les obstacles pour les commerçants qui ressentent un désavantage face à la concurrence en ligne et à l’étranger, leur offrant ainsi plus de souplesse pour répondre à la demande des consommateurs.
Une mesure pour s’adapter aux nouvelles réalités du commerce
La modification de la loi vise donc à répondre à l’évolution rapide du secteur du commerce, notamment l’essor du commerce en ligne, qui offre une grande flexibilité aux consommateurs. Selon l’accord de coalition, la réglementation actuelle est jugée obsolète, ne prenant pas en compte les attentes des consommateurs modernes, de plus en plus attirés par la possibilité de faire leurs achats à toute heure. L’assouplissement des horaires devrait permettre aux commerces physiques de mieux concurrencer les plateformes de vente en ligne et de s’adapter aux nouvelles dynamiques du marché.
Si cette réforme semble nécessaire pour certains commerçants et le gouvernement, elle reste controversée. Les grandes enseignes y voient une occasion de renforcer leur position sur le marché, tandis que les petits indépendants craignent un alourdissement de la charge de travail sans réelle compensation financière. La décision du Conseil des ministres de ce vendredi sera déterminante pour l’avenir des horaires d’ouverture des magasins en Belgique et pourrait marquer un tournant dans la manière dont le commerce physique s’adapte aux défis du numérique.








