Les syndicats belges ont présenté des propositions pour réformer la fiscalité et économiser plus de 21 milliards d’euros. Leur objectif : un budget plus juste et une société plus équitable.
La conférence a débuté par une prise de parole de Luc Triangle, secrétaire général de la Confédération syndicale internationale, qui a souligné la montée des inégalités mondiales. Selon lui, les démocraties sont en péril à cause de l’influence croissante des ultra-riches dans les décisions politiques, citant des figures comme Elon Musk et Vincent Bolloré. Julien Desiderio d’Oxfam Belgique a ensuite présenté des chiffres alarmants sur les inégalités mondiales, rappelant que 1% des plus riches détiennent 45% des richesses.
En Belgique, les plus riches sont soumis à un taux d’imposition moyen de 23%, contre 43% pour la moyenne des travailleurs.
Une fiscalité injuste et des solutions concrètes pour y remédier
Les syndicats dénoncent une politique fiscale qui impose lourdement les revenus du travail tout en favorisant les revenus du capital. Ils estiment que ce déséquilibre nuit à la solidarité et à la capacité de financement de la sécurité sociale. Le front commun syndical critique également les décisions budgétaires du gouvernement, qui, selon eux, se contentent de couper dans les dépenses publiques et sociales tout en transférant une part de la charge fiscale vers les travailleurs.
Les syndicats jugent cette politique “irresponsable” et affirment que ces mesures ne feront qu’augmenter les inégalités.
Propositions alternatives pour rétablir l’équilibre budgétaire
Pour renflouer les caisses de l’État et réduire les inégalités, les syndicats ont formulé plusieurs propositions. La plus importante consiste à inclure tous les types de revenus, y compris ceux du capital, dans l’impôt des personnes physiques. Selon une analyse basée sur des données de la Cour des comptes, cette mesure pourrait permettre de dégager jusqu’à 12,9 milliards d’euros par an.
D’autres mesures proposées incluent la lutte contre les sociétés de management, la mise en place de cotisations plus équitables sur les flexi-jobs et les rémunérations alternatives, ainsi que la suppression de la réduction pour la première embauche. Les syndicats souhaitent également supprimer le plafond de cotisation sociale pour les indépendants, favoriser une plus grande liberté dans la fixation des salaires, et réaliser des économies dans le secteur pharmaceutique.
Une prolongation de la période de salaire garanti en cas de maladie fait également partie des propositions. Ces mesures, selon les syndicats, pourraient permettre de récupérer jusqu’à 21,2 milliards d’euros.








