Le secteur chimique belge traverse une période difficile, en grande partie en raison des tensions commerciales avec les États-Unis et des droits de douane imposés sous l’ère Trump. Après des années de croissance, le secteur fait face à des pertes d’emplois et à un recul des exportations. Les appels à des mesures pour améliorer la compétitivité du secteur se multiplient.
Le secteur chimique belge a enregistré un chiffre d’affaires de 75,4 milliards d’euros en 2025, en légère hausse de 0,7 % par rapport à l’année précédente. Toutefois, cette augmentation ne suit pas l’inflation et les résultats réels sont stagnants. Après avoir atteint un sommet de 87,5 milliards d’euros en 2022, les chiffres sont désormais bien en deçà.
Ce ralentissement est également visible sur le plan de l’emploi : après la suppression de 1.145 postes en 2024, le secteur a perdu 1.590 autres emplois en 2025, dont 1.503 en Flandre. À la fin de l’année 2025, le secteur comptait 97.427 emplois directs, marquant une nouvelle diminution des effectifs pour la deuxième année consécutive.
Les exportations en recul, un impact de la guerre commerciale de Trump
Les exportations du secteur chimique ont baissé de 4,6 % en 2025, poursuivant une tendance de trois années consécutives de recul. Les ventes pharmaceutiques vers les États-Unis ont, par exemple, chuté de 10 %. En 2023, 56,9 % des exportations belges vers les États-Unis étaient composées de produits chimiques. Cependant, la Belgique a perdu des parts de marché au niveau mondial dans le secteur de la chimie et de la pharmacie.
Ce déclin est en grande partie attribué aux barrières commerciales instaurées par Donald Trump, qui ont affecté la compétitivité des produits belges sur le marché américain. Malgré ces défis, le secteur chimique demeure le premier exportateur de Belgique, représentant environ un tiers des exportations totales du pays.
Une dynamique d’investissement en ralentissement
Bien que les investissements aient augmenté de 9 % en 2025, atteignant 4,13 milliards d’euros, ces chiffres sont principalement liés à des décisions prises dans le passé. Il y a eu très peu de nouvelles annonces d’investissements, et aucune initiative majeure n’a été lancée dans le secteur chimique depuis plusieurs années.
Par ailleurs, les dépenses en recherche et développement ont atteint 7 milliards d’euros, principalement dans les domaines de la pharmacie et de la biotechnologie. Cependant, la Belgique semble perdre de sa compétitivité dans ce domaine stratégique. Entre 2016 et 2019, le pays représentait 15,3 % des investissements sectoriels en Europe, mais cette part a chuté à seulement 0,8 % entre 2023 et 2025.
Des mesures urgentes demandées pour redresser la compétitivité
Face à cette situation préoccupante, la fédération sectorielle Essenscia appelle à des mesures urgentes pour améliorer la compétitivité du secteur. Elle réclame des réductions des coûts énergétiques, notamment par la mise en œuvre de la réduction annoncée des tarifs de réseau de transport de l’énergie. Essenscia insiste également sur la nécessité de lutter plus fermement contre le dumping commercial déloyal.
L’organisation plaide pour une réglementation plus souple afin de stimuler la croissance et d’attirer de nouveaux investissements dans le secteur. Jan Remeysen, président d’Essenscia, a souligné que « les problèmes sont connus depuis des années, mais les solutions tardent à se concrétiser ».
La fédération avertit que, sans une action rapide, la Belgique pourrait passer à côté d’un cycle d’investissement décisif pour l’avenir de son industrie chimique. Si aucune mesure n’est prise, le pays risque de perdre son rôle de leader dans ce secteur clé.








