L’économie belge, longtemps perçue comme un modèle de stabilité, traverse des périodes difficiles. Un nouveau rapport du SPF Économie dresse un bilan mitigé de la compétitivité du pays. Si l’innovation et la recherche demeurent des points forts, la Belgique fait face à plusieurs défis, notamment une perte de vitesse des exportations et une dépendance accrue aux marchés extérieurs. Ce constat, loin d’être alarmiste, soulève des questions cruciales pour l’avenir économique du pays.
L’un des premiers constats du rapport du SPF Economie est sans appel : les exportations belges sont en perte de vitesse. En 2024, le commerce mondial a connu un recul de 3%, mais la Belgique a été particulièrement touchée avec une baisse de 4% des exportations, ce qui a provoqué une chute de sa position mondiale au classement des exportateurs. Le pays se retrouve désormais à la 19e place, derrière des voisins comme la France et l’Allemagne, qui conservent des parts de marché bien plus élevées dans les échanges mondiaux.
Les secteurs belges les plus affectés sont ceux de la chimie, qui représente environ 31% des exportations belges, et les industries les plus dépendantes de la conjoncture internationale. En outre, la part des produits de haute technologie dans les exportations reste faible, ne représentant que 15% en 2024, contre 20% pour l’Allemagne. Cette faiblesse dans les exportations à haute valeur ajoutée laisse entrevoir une dépendance excessive de la Belgique à des secteurs traditionnels.
Une dépendance croissante aux importations hors UE
Parallèlement, la Belgique semble de plus en plus dépendante des importations non européennes. L’importation de produits, principalement en provenance de Chine, des États-Unis et de l’Asie, continue d’augmenter. Cela concerne des secteurs clés comme l’automobile, les appareils électroniques ou encore le textile. Cette dépendance peut fragiliser l’économie belge, surtout en période de tensions internationales ou de crises économiques mondiales.
L’innovation, un point fort de l’économie belge
Cependant, le rapport du SPF Économie met aussi en lumière les points forts de la Belgique, notamment dans le domaine de l’innovation et de la recherche et développement (R&D). Le pays continue d’investir dans l’innovation, en particulier dans des secteurs à forte intensité technologique comme l’industrie pharmaceutique. La part de la R&D dans le PIB belge a progressé, passant de 3,1% en 2015 à 3% en 2024, tandis que la moyenne européenne se situe autour de 2,2%.
Malgré cela, l’innovation belge reste concentrée dans quelques secteurs spécifiques, ce qui limite son impact global sur l’économie. Selon Barnabé Donnay, analyste au SPF Économie, une diversification de cette dynamique d’innovation vers d’autres secteurs pourrait être bénéfique pour stimuler la compétitivité à long terme, rapporte la RTBF.
Des défis structurels à relever
Le rapport identifie également plusieurs défis structurels auxquels la Belgique doit faire face pour maintenir sa compétitivité. Parmi eux, les coûts énergétiques élevés par rapport à ses voisins, ainsi que la transition énergétique nécessaire pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, représentent un frein important pour de nombreuses industries. Les coûts salariaux sont également un problème, car bien qu’ils aient augmenté, les gains de productivité ne compensent pas cette hausse.
Par ailleurs, la Belgique souffre toujours d’un déficit de compétences, notamment dans les domaines scientifiques, technologiques, d’ingénierie et de mathématiques (STEM), ce qui pourrait limiter les ambitions de croissance du pays.








