L’État belge connaît une perte importante sur les recettes fiscales à cause des incitations fiscales accordées aux comptes d’épargne. Entre 2023 et 2026, la Belgique devrait perdre un total de 2,5 milliards d’euros, une situation qui contraste fortement avec les faibles coûts des années précédentes. Ces pertes sont liées à deux mesures fiscales qui ont considérablement coûté à l’État en raison de la hausse des taux d’intérêt, mais une réforme est envisagée pour limiter l’impact à long terme.
Les comptes d’épargne bénéficient de deux incitations fiscales majeures : les revenus générés par les comptes (taux d’intérêt de base et prime de fidélité) sont exonérés de précompte mobilier jusqu’à 1.020 euros par an et par épargnant. Au-delà de ce montant, un taux réduit de 15 % de précompte mobilier est appliqué, au lieu du taux standard de 30 %. Ces mesures ont encouragé les épargnants, mais elles ont aussi coûté de plus en plus cher à l’État.
En 2023, ce manque à gagner est estimé à 471 millions d’euros, et il aurait atteint 818 millions d’euros en 2024. Ces pertes fiscales devraient continuer d’augmenter, atteignant 665 millions d’euros en 2025 et 565 millions d’euros en 2026, selon les prévisions rapportées par la presse belge.

La hausse des taux d’intérêt : un facteur clé
La hausse significative des taux d’intérêt décidée par la Banque centrale européenne (BCE) est l’un des principaux facteurs expliquant cette augmentation des pertes fiscales. Entre juillet 2022 et septembre 2023, la BCE a relevé son taux de dépôt de -0,5 % à 4 %, entraînant une forte hausse des intérêts versés sur les comptes d’épargne des Belges. Cette augmentation des taux d’intérêt a, par conséquent, permis aux épargnants de percevoir des rendements plus élevés, ce qui a augmenté le montant des précomptes exonérés pour l’État.
Le gouvernement belge, soucieux de maintenir un système favorable à l’épargne tout en préservant les finances publiques, se trouve donc dans une situation délicate. Bien que la hausse des taux d’intérêt ait bénéficié aux épargnants, elle a également aggravé la charge fiscale pour l’État, qui doit désormais trouver un équilibre.
Une réforme des comptes d’épargne envisagée
Face à ces pertes importantes, l’accord de gouvernement prévoit une réforme des comptes d’épargne. L’objectif est de réduire l’impact de ces exonérations fiscales sur le budget fédéral tout en continuant de soutenir l’épargne des Belges. Les détails de cette réforme restent flous, mais elle devrait avoir pour but de limiter les pertes fiscales tout en garantissant que les épargnants bénéficient toujours de certaines incitations.
Une telle réforme sera nécessaire pour équilibrer les finances publiques tout en assurant un système d’épargne efficace pour les citoyens. Toutefois, la question demeure : quel sera l’impact de cette réforme sur les épargnants et leur motivation à épargner ? Les autorités devront trouver un juste milieu pour éviter de pénaliser les plus modestes tout en limitant les coûts pour l’État.
Bien que l’épargne reste un pilier important du système économique belge, la hausse des taux d’intérêt et les exonérations fiscales qui en découlent ont mis à mal les finances publiques. Il appartient maintenant au gouvernement de réagir efficacement en mettant en place une réforme qui permettra de concilier soutien à l’épargne et maîtrise des coûts pour l’État.








