Après un lancement en fanfare fin 2024, Digi Belgique voit la croissance de sa clientèle ralentir nettement. L’opérateur, arrivé sur le marché avec des tarifs très compétitifs, peine à séduire massivement, malgré une politique commerciale agressive.
La maison mère, basée en Roumanie, a annoncé que Digi Belgique comptait environ 62 000 clients fin juin 2025, soit 9 000 de plus qu’au trimestre précédent. Ce chiffre ne prend en compte que les utilisateurs du réseau mobile, les données sur le réseau fixe étant encore indisponibles. Bien que la progression soit réelle, elle contraste avec la dynamique observée lors des premiers mois, lorsque l’opérateur suscitait de fortes attentes.
Des offres pourtant attractives
Digi avait marqué les esprits en proposant un forfait mobile à 5 euros par mois pour 15 Go de données, une offre inédite sur le marché belge. En juin, l’entreprise a même ajouté une formule à 3 euros pour 5 Go, ciblant les petits consommateurs. Malgré ces tarifs défiant toute concurrence, la marque n’a pas provoqué l’exode massif de clients espéré par rapport aux opérateurs historiques.
Le lancement en décembre 2024 avait été terni par un afflux de plaintes de clients, qui dénonçaient notamment des problèmes de facturation et de qualité de service. Des changements ont rapidement été opérés au sein de la direction. En mai, la ministre fédérale des Télécommunications avait convoqué l’entreprise, qui a ensuite été condamnée par le tribunal de commerce de Bruxelles pour non-respect de certaines règles de sécurité et de permis lors de l’installation de son réseau de fibre optique dans la capitale.
Restructurations et perspectives de Digi Belgique
En juillet, la maison mère roumaine a annoncé avoir simplifié la structure actionnariale de Digi Belgique, en collaboration avec son partenaire local Citymesh. L’opérateur est désormais détenu à 51 % par le siège central et à 49 % par Citymesh. Cette réorganisation vise à stabiliser les opérations et à préparer le déploiement complet du réseau fixe.
Si Digi Belgique veut s’imposer durablement, il devra convaincre davantage de consommateurs tout en améliorant son image et la qualité de ses services. La bataille des télécoms en Belgique est loin d’être terminée, mais le nouvel entrant n’a plus droit à l’erreur.








