La Belgique modifie une nouvelle fois son principal fournisseur de pétrole, reflétant les mutations géopolitiques et économiques récentes. Après la Russie en 2022, puis la Norvège en 2023, ce sont désormais les États-Unis qui occupent la première place en 2024.
Cette évolution s’inscrit dans un contexte marqué par un embargo européen sur le pétrole russe, qui bouleverse les flux traditionnels. L’importance de ce changement se mesure aux impacts économiques et énergétiques qu’il entraîne pour le pays.
Un basculement majeur dans les sources d’approvisionnement pétrolier belge
Selon les chiffres publiés par Energia, la fédération pétrolière, les États-Unis ont exporté 5,641 millions de tonnes de pétrole vers les raffineries belges en 2024, soit 18 % des importations totales. Cette part dépasse celle de la Norvège, deuxième fournisseur avec 5,537 millions de tonnes également représentant 18 % des importations. Cette progression américaine est liée à l’augmentation de la production de pétrole aux États-Unis, offrant une capacité d’exportation accrue.
En 2022, la Russie occupait la première place avec 22 % des importations, avant d’être exclue du marché belge en raison de l’embargo européen instauré en décembre 2022. La Norvège avait alors pris la tête en 2023 avec 16 %. La troisième position revient au Kazakhstan, avec une part de 12 % et 3,67 millions de tonnes livrées. Ce déplacement des fournisseurs traduit une diversification accélérée des sources d’approvisionnement, visant à limiter la dépendance à des acteurs jugés politiquement sensibles.
Les raffineries belges produisent majoritairement du diesel et du mazout, qui représentent 45 % de la production totale, suivis par l’essence avec 12 %. Cette répartition stable reflète les besoins constants du marché intérieur.
Consommation et usages du pétrole en Belgique en 2024
La consommation des produits pétroliers en Belgique en 2024 est répartie de façon équilibrée entre plusieurs secteurs clés. Le transport routier absorbe 34 % de la consommation, suivie de près par le transport maritime qui représente 29 %. Les matières premières utilisées dans la pétrochimie comptent pour 30 %, témoignant de l’importance industrielle du pays. L’aviation consomme une part moindre, de 7 %.
Cette répartition montre que le pétrole reste un pilier central de la mobilité et de l’industrie belge, malgré les efforts pour développer les énergies alternatives. Le maintien d’une offre stable en produits pétroliers est donc crucial pour répondre à ces usages diversifiés.
Le passage aux États-Unis comme premier fournisseur illustre une adaptation du pays aux contraintes géopolitiques tout en garantissant un approvisionnement suffisant et diversifié pour ses secteurs économiques majeurs.








