Pourquoi les ménages belges privilégient-ils de plus en plus les chaudières à gaz et à mazout ?

Les chaudières traditionnelles dominent un marché où les solutions durables peinent à convaincre. Entre coûts énergétiques et incertitudes économiques, les ménages belges privilégient des choix immédiats. Les défis environnementaux nécessitent cependant une réponse politique et économique plus cohérente.

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Les ménages belges se tournent massivement vers des chaudières traditionnelles, tandis que les solutions durables perdent du terrain. Une tendance paradoxale face aux défis environnementaux et économiques actuels.

Les ventes de pompes à chaleur et de chauffe-eau solaires enregistrent des baisses significatives, malgré leur potentiel écologique et économique. L’incertitude liée aux coûts de l’énergie et à l’inflation freine les investissements dans des technologies plus vertes.

Les ventes de chaudières classiques en forte progression

En 2024, les ventes de chaudières à gaz et à mazout ont enregistré des hausses notables, selon le rapport de la Fédération belge des technologies climatiques (Climafed). Les chaudières à gaz ont vu leurs ventes augmenter de 10 %, atteignant 166 600 unités, contre 152 000 en 2023. Du côté des chaudières à mazout, la progression est encore plus marquée, avec une hausse de 28 %, passant de 9 800 à 12 500 unités vendues.

Ce phénomène est particulièrement visible en Wallonie, où de nombreux consommateurs anticipent l’interdiction des chaudières au fioul dans les nouvelles constructions. La différence de coût entre le gaz et l’électricité joue également un rôle clé, le gaz restant quatre fois moins cher par kilowattheure (kWh). Ce choix économique est aussi influencé par des habitudes de consommation enracinées, où le passage à des alternatives plus écologiques reste perçu comme complexe et onéreux. Certains experts pointent également le rôle des incitations insuffisantes pour encourager les ménages à investir dans des technologies vertes. L’absence de financements clairs et accessibles constitue un frein majeur à l’adoption des alternatives durables dans un contexte économique incertain.

Les solutions durables en net recul

Alors que les ventes de chaudières classiques progressent, les technologies durables subissent une chute importante. Les ventes de pompes à chaleur hydroniques ont baissé de 40 %, passant de 42 000 unités en 2023 à seulement 25 000 en 2024. Les chauffe-eau thermodynamiques, pourtant éligibles à des subventions avantageuses, ont connu une diminution de 48 %.Les chauffe-eau solaires, malgré leur efficacité, ont également perdu en popularité, enregistrant une baisse de 60 %.

Climafed attribue cette désaffection à des perceptions négatives héritées des controverses autour des panneaux photovoltaïques. L’incertitude économique, marquée par une inflation persistante et des taux d’intérêt élevés, dissuade par ailleurs les ménages d’investir dans des technologies à long terme. À cela s’ajoutent des campagnes d’information parfois inefficaces et un manque d’accompagnement concret pour orienter les ménages vers des solutions énergétiques durables adaptées à leurs besoins. Les décideurs politiques sont également accusés d’incohérence dans leurs mesures, créant une confusion générale. L’absence d’un cadre clair pénalise ainsi la transition vers des modes de chauffage plus respectueux de l’environnement.

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