Ménopause : dès le 1er décembre, les salariées pourront bénéficier d’un congé maladie payé en Espagne

L’Espagne s’apprête à instaurer un nouveau droit pour les femmes au travail. Une réforme qui pourrait relancer le débat sur la santé des salariées en Europe.

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Ménopause
Ménopause : un tournant majeur pour les salariées, l'Espagne crée un arrêt maladie spécifique. Crédit : Canva | Econostrum.info

En Espagne, les droits des femmes au travail sont sur le points de connaître un bouleversement. À partir du 1er décembre 2026, les salariées souffrant de problèmes de santé liés à la ménopause vont pourvoir bénéficier d’un dispositif spécialement dédié à elles. 

Approuvée par le gouvernement espagnol le 20 octobre 2026, la réforme va entrer en vigueur le 1er décembre 2026. Concrètement, cette dernière prévoit un arrêt maladie spécifique pour les femmes souffrant d’affections invalidantes causées par la ménopause. Il est toutefois nécessaire de préciser que la ménopause à elle seule ne donnera pas automatiquement droit à un congé.

Pour bénéficier de ce nouveau dispositif, la salariée devra consulter un médecin, qui devra diagnostiquer une affection associée à un trouble ménopausique secondaire entraînant une incapacité temporaire de travail. Les symptômes concernés peuvent notamment comprendre des bouffées de chaleur intenses, des troubles du sommeil, une fatigue importante ou des difficultés de concentration, souligne Euronews.

Il est utile de préciser que leur présence à elle seule ne suffit pas, c’est leur gravité et leur conséquence sur la capacité à travailler qui seront évaluées. Une fois l’arrêt prescrit, les informations seront transmises à l'employeur par voie électronique, via la Sécurité sociale. La salariée n’aura donc pas à remettre elle-même un certificat papier. Cette décision s’inscrit dans la continuité du congé maladie pour menstruations invalidantes instauré en Espagne en 2023.

La ministre espagnole de l’Inclusion, de la Sécurité sociale et des Migrations, Elma Saiz, a rappelé que plus de 10,5 millions de femmes sont affiliées à la Sécurité sociale. Le gouvernement souhaite ainsi mieux reconnaître certaines affections féminines pouvant rendre temporairement impossible l’exercice d’une activité professionnelle.

Ce que prévoit le nouveau congé lié à la Ménopause

Le dispositif prévoit des conditions d’indemnisation différentes de celles d’un arrêt maladie ordinaire. Le premier jour d’arrêt sera pris en charge par l'employeur. Dès le deuxième jour, la salariée percevra une indemnité versée par la Sécurité sociale espagnole. Cette prestation représentera 60 % de la base réglementaire pendant les vingt premiers jours, puis 75 % à partir du vingt et unième jour.

Dans le régime habituel des arrêts maladie pour affection courante, les indemnités débutent généralement au quatrième jour. Un autre changement est à signaler, les salariées concernées n’auront plus à justifier des 180 jours de cotisation au cours des cinq dernières années. Avec cette disposition, ce sont les femmes ayant connu des interruptions de carrière ou disposant d’une ancienneté réduite dans le système de Sécurité sociale qui sont notamment ciblées.

À l’échelle européenne, la France, l’Allemagne, l’Italie, la Grèce et le Portugal ne disposent pas de congé spécifique comparable pour la ménopause. C’est également le cas de la Turquie. Dans ces pays, les femmes dont l’état de santé empêche temporairement de travailler peuvent néanmoins, selon les règles nationales, bénéficier d’un arrêt maladie classique. 

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