« Jusqu’à 60 euros de plus par mois » : cette mesure que défend Philippe Juvin pour augmenter les salaires

Philippe Juvin propose de réduire les cotisations salariales pour augmenter le salaire net

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Salaire
« Jusqu'à 60 euros de plus par mois » : cette baisse que Philippe Juvin veut appliquer aux salaires. - Crédit : François Bouchon / Le Figaro | Econostrum.info

Alors que les prix continuent de peser sur le budget des ménages, Philippe Juvin propose de réduire les cotisations prélevées sur les salaires. Le rapporteur général du budget veut ainsi permettre aux salariés de toucher davantage d’argent chaque mois, sans augmenter le déficit de l’État.

Invité de l’émission « 8h30 Franceinfo », dimanche 1er novembre, le député Les Républicains a défendu cette piste pour répondre à la mobilisation contre la vie chère : « Moi j’ai une piste que j’ai soumise aux autorités, c’est-à-dire qu’on pourrait d’ores et déjà diminuer les cotisations salariales, c’est-à-dire une augmentation directe sur la fiche de paye », a-t-il expliqué.

Une baisse de deux points pour augmenter le salaire net

Concrètement, Philippe Juvin propose de réduire de 2 points les cotisations salariales. A noter que ces prélèvements sont directement déduits du salaire brut pour financer différentes branches de la protection sociale, dont la retraite. Leur diminution permettrait, ainsi, aux salariés de conserver une part plus importante de leur rémunération.

Cela dit, le gain dépendrait du salaire brut et des cotisations concernées. Une baisse de 2 points représenterait, par exemple, 60 euros par mois sur une rémunération brute de 3 000 euros, si l’intégralité de cette rémunération constitue l’assiette concernée. Le montant réellement ajouté au salaire net dépendrait des modalités retenues pour appliquer la réforme.

Pour Philippe Juvin, cette mesure doit produire un effet immédiat sur le pouvoir d’achat, cela sans augmenter le déficit de l’État. Il chiffre son coût à environ 18 milliards d’euros par an : « Si vous faites deux points de cotisation salariale, c’est à peu près 18 milliards et il faut les gager sur quelque chose pour ne pas aggraver le déficit », précise-t-il.

Le député propose de réduire les achats de l’État et des administrations publiques. Selon lui, ces dépenses représentent 165 milliards d’euros par an, et une baisse de 10 % permettrait de dégager 16,5 milliards d’euros d’économies. Il prend un exemple concret pour expliquer son idée : « Au lieu d’acheter dix stylos, vous en achetez neuf, c’est notre marge de manœuvre », explique-t-il.

Une telle économie ne couvrirait pas entièrement les 18 milliards nécessaires à la baisse des cotisations. Il resterait environ 1,5 milliard d’euros à financer, selon les chiffres avancés par le député. Philippe Juvin évoque également d’autres pistes, notamment sur certaines dépenses liées au carburant.

Il ne propose pas, pour autant, de supprimer toutes les retenues sur les fiches de paie. La mesure évoquée le 1er novembre porte sur une diminution de 2 points des cotisations salariales.

Philippe Juvin anticipe un rejet du budget et défend le 49.3

Au cours de cette même interview, le rapporteur général du budget a également évoqué les discussions sur le projet de loi de finances pour 2027. L’Assemblée nationale poursuit l’examen de sa première partie, consacrée aux recettes. Le vote solennel est inscrit à l’ordre du jour du mardi 3 novembre, mais le calendrier reste incertain : 1 450 amendements restaient à examiner au 2 novembre.

Philippe Juvin estime que cette première partie sera probablement rejetée. « Il y aura un vote qui sera probablement négatif. Le budget sera refusé par le Parlement », prédit-il. En cas de rejet, les discussions sur les dépenses s’arrêteraient à l’Assemblée nationale et le texte serait transmis au Sénat.

Le député défend depuis plusieurs mois le recours à l’article 49.3 de la Constitution pour faire adopter le budget sans vote. « Mais depuis le mois d’août, je dis qu’il faut un 49-3. Donc je suis content que la présidente de l’Assemblée dise comme moi », a-t-il déclaré.

Il plaide aussi pour une baisse de la dépense publique d’environ 10 %. Selon lui, les comptes publics doivent revenir à l’équilibre en deux ans plutôt qu’en cinq ans, délai évoqué par la plupart des économistes. « Sinon, les Français ont l’impression de faire des efforts en permanence sans aucun résultat », estime-t-il.

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