« C’est la double peine » : les patrons vent debout contre la hausse du Smic évoquée pour décembre

Le gouvernement envisage une hausse anticipée du Smic, mais le projet fait déjà bondir les représentants des entreprises.

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« C’est la double peine » : les patrons vent debout contre la hausse du Smic évoquée pour décembre - Crédit : Shutterstock | Econostrum.info

Le gouvernement envisage d’augmenter le salaire minimum avant la traditionnelle revalorisation de janvier. Une piste qui provoque déjà une vive réaction des organisations patronales.

Le scénario envisagé repose sur deux augmentations. La revalorisation automatique du Smic atteindrait entre 0,8 % et 1 %. Le gouvernement pourrait y ajouter un coup de pouce de 0,5 à 0,6 %, ce qui porterait la hausse totale à environ 1,5 %. Cette mesure permettrait d’anticiper de quelques semaines la revalorisation habituellement appliquée au 1er janvier.

Pour les salariés rémunérés au salaire minimum, le gain atteindra environ 22 euros net par mois si la hausse globale de 1,5 % est retenue. Rappelons que le Smic a déjà été revalorisé de 2,41 % le 1er juin dernier, après le franchissement du seuil d’inflation qui déclenche une augmentation automatique. Il s’établit depuis à 12,31 euros brut de l’heure, soit 1 867,02 euros brut par mois pour un temps plein de 35 heures.

Les entreprises redoutent une nouvelle hausse du coût du travail

De leur côté, les organisations patronales rejettent cette option, principalement à cause du gel des allégements généraux de cotisations patronales prévue dans le projet de budget de la Sécurité sociale pour 2027, rapporte Le Parisien. Il s’agit de réductions qui diminuent les charges payées par les employeurs, en particulier pour les rémunérations proches du Smic. Leur gel limiterait ainsi l’évolution des exonérations et pourrait, par conséquent, augmenter le coût du travail pour certaines entreprises.

« Avec l’augmentation du coût du travail, pour nous, c’est la double peine », déplore Amir Reza-Tofighi, président de la CPME, devenue Les Entrepreneurs, cité par Le Parisien. Le patronat redoute aussi un effet d’entraînement sur les salaires supérieurs au Smic. Des employés rémunérés un peu au-dessus du minimum légal pourraient demander à leur tour une augmentation lors des prochaines négociations annuelles obligatoires.

Néanmoins, les chiffres avancés doivent être distingués. Dans son avis sur les budgets de 2027, le Haut Conseil des finances publiques a évalué à 2,9 milliards d’euros les recettes attendues du gel des allégements généraux. L’intégration de certains compléments de salaire, comme la participation, l’intéressement et la prime de partage de la valeur, dans le calcul de ces allégements représenterait 3,7 milliards d’euros supplémentaires. Ces mesures figurent dans un projet de budget qui n’est pas encore définitivement adopté.

Face à ces annonces, les organisations patronales réclament une rencontre avec le Premier ministre, Sébastien Lecornu. Elles souhaitent défendre leurs arguments avant l’arbitrage final. Un compromis est évoqué dans les discussions, avec une éventuelle révision de 10 à 15 % des allégements de charges si les employeurs acceptent le coup de pouce sur le Smic. 

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