Dans le cadre du budget 2027, le gouvernement cherche à tout prix à faire baisser ses dépenses pour pouvoir atteindre ses objectifs budgétaires, Parmi les pistes abordées à l’Assemblée nationale, le financement du Musée de l’immigration à Paris a provoqué de vifs échanges. Pour de nombreux députés, supprimer une partie de ses ressources publiqueLs est une option solide.
Le 10 octobre, une dizaine de députés du Rassemblement national (RN) ont déposé un amendement au projet de loi de finances 2027, celui-ci prévoit la suppression d’environ 2,31 millions d’euros de subventions destinées au Musée national de l’histoire de l’immigration. Situé au Palais de la Porte Dorée, dans le 12e arrondissement de Paris, cet établissement a ouvert ses portes au public en 2007, son inauguration par François Hollande a eu lieu quant à elle en 2014.
Pour justifier cette proposition, le député RN Thierry Perez, élu de l’Isère, a d’abord parlé de la nécessité de « recentrer les crédits » avec la crise budgétaire actuelle qui touche le pays. Ce n’est pas tout, le contenu des expositions est également pointé du doigt. Le parlementaire dénonce ce qu’il considère comme une « orientation militante » de l’établissement. Selon lui, certaines expositions consacrées notamment au féminisme noir intersectionnel ou aux contrôles policiers traduiraient une politisation de la programmation.
Pour le député, le musée est décrit comme une « succursale idéologique de l’extrême gauche » et estime que les contribuables ne devraient pas financer ce qu’il qualifie de militantisme politique, rapporte la presse.
L’amendement ciblant le musée de l’immigration rejeté
La proposition du RN a suscité des critiques parmi plusieurs parlementaires de gauche, qui défendent la mission historique et culturelle du musée. Le député socialiste Arthur Delaporte a dénoncé cette initiative, affirmant que « l’immigration fait partie de notre histoire » et qu’elle ne saurait être réduite à une position idéologique. De son côté, la députée insoumise Marie Mesmeur a rappelé que l’établissement cherche notamment à sensibiliser le public à la diversité culturelle et à lutter contre les préjugés.
L’administrateur du Palais de la Porte Dorée et conseiller politique parisien Saïd Benmouffok a également critiqué la démarche. Selon lui, les institutions culturelles doivent pouvoir présenter des travaux historiques susceptibles d’interroger les convictions des visiteurs. Au-delà de ces désaccords, le débat pose la question du financement public des établissements culturels et de l’autonomie de leur programmation.
L’Assemblée nationale a finalement rejeté l’amendement du Rassemblement national. Par conséquent, la suppression des 2,31 millions d’euros n’a pas été adoptée et aucune décision de fermeture du Musée national de l’histoire de l’immigration n’a été prise. Le maintien définitif des crédits dépendra néanmoins de la suite de l’examen et de l’adoption du budget 2027.








