Après une année sans augmentation, les retraités du secteur privé pourraient voir leur pension complémentaire Agirc-Arrco progresser à partir du 1er novembre 2026. Les partenaires sociaux, qui pilotent le régime, entament cette semaine les discussions sur le futur taux de revalorisation. Plusieurs scénarios sont sur la table, avec une hausse théorique comprise entre 1,2 % et 2 %.
Les représentants des syndicats et du patronat se réunissent, ce mercredi 23 septembre, pour examiner les nouvelles projections financières du régime. Les services de l’Agirc-Arrco doivent notamment présenter les dernières données disponibles sur l’inflation, les salaires et la croissance. L’objectif est de permettre aux partenaires sociaux d’arrêter un accord à la mi-octobre. Le taux définitif doit être fixé au plus tard à cette période.
Le mécanisme prévu par l’accord de pilotage du régime fixe une première référence : l’évolution des prix à la consommation hors tabac, diminuée de 0,4 point. Le conseil d’administration dispose ensuite d’une marge de manœuvre de plus ou moins 0,4 point. Avec une inflation hors tabac estimée autour de 2 % pour 2026, la fourchette théorique va donc de 1,2 % à 2 %. La valeur de référence ressort à 1,6 %.
Les dernières données disponibles montrent toutefois que l’inflation reste dynamique. En août 2026, les prix à la consommation ont augmenté de 2,4 % sur un an en France, selon l’Insee. L’indice définitif hors tabac utilisé pour la revalorisation devra être connu en octobre.
Le montant effectivement retenu dépendra aussi de la situation financière du régime. « On a largement les moyens » de revaloriser de 2%, assure le négociateur de la CGT, Denis Gravouil, cité par Le Figaro. Le Medef, de son côté, entend rechercher des « solutions responsables », afin de « préserver durablement l’équilibre » des comptes.
14 millions de retraités concernés
L’enjeu est important pour les anciens salariés du privé. L’Agirc-Arrco verse actuellement une retraite complémentaire à plus de 14 millions de personnes. Le régime collecte les cotisations de 27 millions d’actifs et de 1,8 million d’entreprises. Il dispose de 90 milliards d’euros de réserves et verse environ 101 milliards d’euros de prestations chaque année.

Ces réserves constituent précisément l’un des éléments examinés lors de la négociation. Les règles du régime imposent de conserver, sur une période glissante de quinze ans, une réserve équivalente à au moins six mois de prestations. Avec 90 milliards d’euros actuellement disponibles, l’Agirc-Arrco dispose d’environ dix mois de versements en réserve.
Deux contraintes peuvent néanmoins limiter la hausse finale. Le résultat technique du régime devrait être proche de l’équilibre cette année et la revalorisation ne peut pas dépasser l’évolution des salaires, estimée autour de 1,8 %. Une source interne à l’Agirc-Arrco évoque ainsi un accord qui pourrait finalement se situer entre 1,4 % et 1,8 %.
Pour les retraités, la différence est loin d’être négligeable. La retraite complémentaire représente généralement entre 30 % de la pension totale pour les retraités disposant des revenus les plus faibles et jusqu’à 60 % pour les cadres. Après le gel décidé en octobre 2025 faute d’accord entre les partenaires sociaux, le prochain taux aura donc un effet direct sur le montant versé chaque mois à partir de novembre 2026.








