L’Egypte du maréchal Al Sissi a déjà commandé 54 avions de chasse français de marque Rafale, mais ses dirigeants sont susceptibles de faire une nouvelle commande de 24 autres appareils. Aucune commande ferme n’a été faite, mais les autorités égyptiennes ont transmis à Dassault Aviation un appel à propositions techniques et commerciales.
Selon des informations rapportées par le journal économique La Tribune, l’Egypte a transmis à l’avionneur ce qui est appelé un RFP ou « Request for Proposal » et cela concerne 24 Rafale, en plus des 54 déjà commandés. C’est une étape commerciale concrète dans le processus d’acquisition, mais la finalisation n’est pas encore acquise.
L’Égypte prépare une troisième commande de Rafale
Dassault Aviation n’a pas souhaité commenter publiquement cette information. De son côté, l’armée de l’air égyptienne pourrait compter 78 Rafales à son actif. En février 2015, l’Égypte avait déjà signé le premier contrat export du Rafale pour un total de 24 avions. Par la suite, elle avait commandé 30 appareils supplémentaires en mai 2021. Ce second contrat est estimé à environ 3,95 milliards d’euros, celui-ci bénéficiait d’un financement reposant notamment sur une garantie française de 85 %.
La livraison des 54 appareils déjà commandés doit permettre à l’Égypte de disposer de cette flotte complète d’ici la fin de l’année en cours. Une troisième commande prolongerait donc directement cette coopération militaire engagée il y a onze ans.
Les F-16 égyptiens tirent leur épingle du jeu
Le besoin de modernisation de l’armée de l’air égyptienne explique en partie l’intérêt du dossier. Il faut savoir que le pays exploite encore plus de 200 F-16, sur environ 240 appareils commandés au fil des décennies. L’Égypte possède des modèles qui sont très anciens, c’est notamment le cas des 42 F-16 Block 15 (livrés entre 1982 et 1985), ainsi que 40 F-16 Block 32 (reçus entre 1986 et 1988) et des 47 F-16 Block 40 (livrés entre 1991 et 1995).
Le remplacement progressif de ces appareils vieillots représente donc un marché nettement plus important que les 24 Rafale actuellement évoqués. Se tourner vers le chasseur français permettrait au Caire de conserver une flotte occidentale très diversifiée tout en développant une relation industrielle et militaire déjà très bien établie avec l’Hexagone. Outre l’Egypte, la Chine cherche elle aussi à profiter de ce besoin de renouvellement.
Pékin pousse notamment son J-10C sur le marché égyptien. La compétition entre les deux fournisseurs dépasse ainsi la seule question du nombre d’avions à vendre : elle touche aussi aux équipements, aux chaînes logistiques et aux relations stratégiques entre Le Caire et ses partenaires.
Dassault déjà dans l’obligation d’accélérer la production du Rafale
Une éventuelle commande égyptienne arriverait dans un contexte particulièrement chargé pour Dassault Aviation. Au début de janvier 2026, le groupe disposait encore de 220 Rafale dans son carnet de commandes, selon les chiffres rapportés par Capital. L’avionneur produit actuellement environ trois Rafale par mois et prévoit d’atteindre quatre appareils mensuels d’ici 2028. Une nouvelle usine installée à Cergy, dans le Val-d’Oise, doit accompagner cette montée en cadence, avec un objectif à terme de cinq avions par mois.
L’Égypte n’est pas le seul client à solliciter l’avionneur français. Le Rafale s’est imposé sur plusieurs marchés étrangers, notamment au Qatar, en Grèce, en Croatie, aux Émirats arabes unis, en Indonésie et en Serbie. L’Inde envisage elle aussi de nouvelles acquisitions. Le prochain rendez-vous à surveiller sera le Salon international de l’aéronautique d’El Alamein, prévu du 8 au 10 septembre 2026.
Une annonce officielle pourrait alors préciser les intentions du Caire. Pour l’heure, les 24 Rafale supplémentaires restent un projet en cours de négociation et non une commande acquise.








