Édouard Philippe veut durcir les règles de l’assurance chômage s’il est élu président de la République en 2027. Dans un entretien accordé à l’AFP avant son débat avec plusieurs candidats à la présidentielle lors de l’université de rentrée du Medef, le président d’Horizons propose de plafonner à 12 mois l’indemnisation des demandeurs d’emploi de moins de 50 ans.
« Sur l’assurance-chômage, ma direction c’est de faire comme l’Allemagne. Douze mois d’indemnisation maximum pour les moins de 50 ans », a déclaré l’ancien Premier ministre à l’AFP. La référence allemande n’est pas choisie au hasard. En effet, outre-Rhin, une personne de moins de 50 ans peut actuellement toucher l’allocation chômage pendant 12 mois au maximum, à condition d’avoir suffisamment cotisé.
Six mois d’indemnisation en moins dans le scénario proposé
En France, la durée maximale est actuellement de 18 mois pour les demandeurs d’emploi âgés de moins de 55 ans. Cette limite résulte de la réforme de 2023, qui avait déjà réduit de 24 à 18 mois la durée maximale pour cette tranche d’âge.
La proposition d’Édouard Philippe ferait passer le plafond de 18 à 12 mois pour les moins de 50 ans, soit 6 mois de moins. Elle porte aussi sur la modification du seuil d’âge, sachant qu’aujourd’hui, la durée maximale de 18 mois s’applique jusqu’à 54 ans, alors que le projet présenté par le candidat fixe la limite à 50 ans.
Une autre évolution doit entrer en vigueur dès le 1er septembre 2026. Pour les personnes dont le contrat se termine par une rupture conventionnelle individuelle, la durée maximale d’indemnisation sera ramenée à 15 mois pour les moins de 55 ans. Cette règle résulte d’un avenant à la convention d’assurance chômage de 2024 agréé en juin 2026.
Le candidat veut également revoir les règles concernant les arrêts maladie. Il dénonce « l’open bar des arrêts de travail » et affirme que leur coût a augmenté de presque 40 % entre 2019 et 2025, pour atteindre, selon lui, environ 17 milliards d’euros par an.
Deux jours de carence et un délai avant une rupture conventionnelle
Pour les arrêts courts, Édouard Philippe propose de renforcer les jours de carence. « En Espagne, on indemnise mieux les congés longs. En revanche, on est plus dur avec les congés courts. On peut s’inspirer de cette logique et par exemple renforcer les journées de carence d’ordre public (…) Le premier jour, les deux premiers jours ne seront pas indemnisés lorsque c’est un arrêt ponctuel », prône-t-il.
Il souhaite aussi instaurer une période incompressible de « trois, cinq ou six mois » entre un arrêt maladie et une rupture conventionnelle. L’objectif affiché est de « lutter contre le phénomène de chantage à l’arrêt maladie ».
Sur les entreprises, Édouard Philippe défend par ailleurs le pacte Dutreil, qui facilite la transmission des entreprises familiales. « Il faut arrêter à intervalles réguliers de remettre en cause l’existence du pacte Dutreil », estime-t-il.
Enfin, le candidat propose une baisse de 50 milliards d’euros des impôts de production, compensée par une réduction équivalente des aides publiques aux entreprises. Sur les successions, il rejette les propositions visant à taxer davantage les héritages et défend au contraire une hausse des plafonds de donation afin de faciliter la transmission du patrimoine aux enfants et aux petits-enfants.








