Cigarettes : pourquoi certaines marques choisissent de baisser leurs prix

Certaines marques de cigarettes baissent leurs prix malgré l’objectif de 13 euros.

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Cigarettes : pourquoi certaines marques choisissent de baisser leurs prix - Crédit : Canva | Econostrum.info

Pendant que la France poursuit sa politique de hausse des taxes sur le tabac, certains fabricants choisissent de maintenir leurs prix ou de les réduire pour proposer des cigarettes moins chères. Une situation qui suscite l’inquiétude des spécialistes de la lutte contre le tabagisme en France.

Le prix du paquet est devenu l’un des principaux outils de la politique de lutte contre le tabac que mène la France depuis plusieurs années. L’objectif fixé dans le Programme national de lutte contre le tabac est d’atteindre 13 euros pour le paquet de 20 cigarettes en 2027.

Cependant, tous les paquets ne suivent pas exactement une même évolution. Les tarifs sont proposés par les fabricants, puis homologués par l’administration. Ainsi, une entreprise peut décider de réduire sa marge pour maintenir une référence à un niveau inférieur à celui de ses concurrents. C’est précisément cette stratégie que certains industriels semblent désormais privilégier.

Des cigarettes à bas prix pour gagner des parts de marché

A cause de l’augmentation progressive de la fiscalité, certains fabricants développent des gammes moins chères. L’objectif est de proposer une alternative aux fumeurs tentés de changer de marque ou de réduire leur consommation.

TF1Info rapporte, à ce titre, le cas d’une gamme commercialisée à 11,50 euros le paquet, alors que certaines références peuvent atteindre 13 euros ou 13,50 euros. « Ils ont développé une gamme parallèle à 11,50 euros parce qu’effectivement un paquet à 13 ou 13,50 euros, ça pèse énormément sur le budget des fumeurs », explique un buraliste cité par le même média

Une telle stratégie repose sur un mécanisme commercial classique. En acceptant de réduire leurs marges sur certaines références, les fabricants peuvent afficher un tarif plus attractif et tenter de conquérir des clients. Pour un fumeur consommant un paquet par jour, l’écart entre un paquet à 11,50 euros et un autre à 13,50 euros représente 2 euros par jour, soit environ 60 euros sur 30 jours et 730 euros sur une année.

Le phénomène est d’autant plus visible lors des campagnes de révision des prix. Au 1er septembre 2026, plusieurs références doivent ainsi évoluer dans des directions différentes. Certaines augmentent légèrement, tandis que d’autres baissent. Les Lucky Strike Red, Blue et Ice, par exemple, doivent passer de 11,50 euros à 11,20 euros, alors que le prix des Mademoiselle doit augmenter de 0,10 euro pour atteindre 11,20 euros.

Une stratégie qui inquiète les spécialistes du tabac

Ces baisses de prix vont à contre-courant de l’objectif des autorités sanitaires. La hausse du prix du tabac vise, en effet, à réduire la consommation en rendant les cigarettes moins accessibles, en particulier pour les jeunes et les personnes aux revenus les plus modestes.

La France a adopté une trajectoire visant à atteindre 13 euros pour le paquet de cigarettes en 2027. Mais l’existence de références sensiblement moins chères pourrait réduire l’effet recherché par cette politique. Lorsqu’un fumeur peut se tourner vers un paquet à 11 ou 11,50 euros, la hausse d’une marque plus chère ne l’oblige pas nécessairement à arrêter ou à diminuer sa consommation. Il peut simplement changer de produit.

C’est précisément ce qui provoque la colère de certains tabacologues et acteurs de la lutte contre le tabagisme. Ils estiment que l’État devrait limiter davantage les écarts entre les prix des différentes marques afin d’éviter qu’une stratégie commerciale ne permette de contourner l’effet dissuasif des hausses fiscales.

La question dépasse donc le seul prix affiché chez le buraliste. La France cherche à réduire durablement le nombre de fumeurs, alors que le tabac reste responsable d’environ 75 000 décès chaque année dans le pays. Dans ce contexte, les industriels continuent pourtant à se livrer une concurrence directe sur le prix.

Les prochains mois pourraient réserver des évolutions contrastées pour les fuleurs. Les coûts du tabac doivent encore être révisés le 1er novembre. Le prix du paquet devrait continuer d’augmenter sur la durée, mais la concurrence entre fabricants pourrait maintenir certaines cigarettes bien en dessous du seuil de 13 euros visé par les pouvoirs publics.

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