La Répression des fraudes a détecté des anomalies sur certaines lunettes de protection vendues en France à l’occasion de l’éclipse solaire du 12 août 2026. Près de 170 professionnels ont été contrôlés et 20 % présentaient une anomalie.
Les entreprises responsables de la commercialisation d’un équipement non conforme susceptible de présenter un risque pour la santé peuvent encourir une amende de 200 000 euros.
Près d’un professionnel contrôlé sur cinq en anomalie
La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) avait lancé une campagne nationale de contrôles auprès des fabricants, importateurs et distributeurs de lunettes destinées à observer une éclipse solaire.
Selon le bilan intermédiaire communiqué le 12 août, les enquêteurs avaient inspecté près de 170 professionnels. Parmi eux, 20 % « se sont trouvés en anomalie », d’après les chiffres arrêtés la veille.
Ces vérifications ont déjà conduit la DGCCRF à adresser 21 avertissements et quatre injonctions de mise en conformité. La campagne de contrôle était encore en cours au moment de la publication de ces données.
L’alerte est intervenue alors que la demande pour ces équipements avait fortement augmenté avant l’éclipse. Plusieurs commerces français avaient enregistré des ruptures de stock dans les jours précédant le phénomène.
Une amende pouvant atteindre 200 000 euros
Les services de l’État procèdent à des contrôles à la fois visuels et documentaires. Ils vérifient notamment les marquages présents sur les lunettes, les documents attestant leur conformité ainsi que les instructions fournies aux utilisateurs.
Lorsque des équipements non conformes présentent un risque pour la santé, la DGCCRF dispose de plusieurs moyens d’intervention. Elle peut notamment ordonner leur saisie, leur retrait du marché ou la suspension de leur commercialisation.
Les professionnels responsables d’une infraction peuvent être sanctionnés par une amende de 200 000 euros. Ce montant peut être doublé en cas de récidive, portant la sanction potentielle à 400 000 euros.
La procédure vise directement les fabricants, importateurs et distributeurs chargés de s’assurer que les équipements mis sur le marché respectent les règles applicables.
Deux marquages à contrôler avant toute observation
Pour le public, plusieurs vérifications permettent de limiter les risques. Les lunettes destinées à regarder directement le Soleil doivent notamment comporter le marquage CE ainsi que la référence ISO 12312-2, correspondant aux filtres conçus pour l’observation directe du Soleil.
L’état physique des lunettes doit aussi être examiné avant leur utilisation. Des filtres rayés, percés, fissurés ou endommagés ne doivent pas être utilisés, même si le produit comporte les marquages attendus.
Ces lunettes sont conçues pour filtrer une très grande partie du rayonnement solaire. Regarder directement le Soleil sans protection adaptée expose les yeux à des lésions graves de la rétine, qui peuvent survenir sans provoquer immédiatement de douleur.
Une éclipse partielle observée depuis la France
L’éclipse du 12 août 2026 était totale dans une partie du nord de l’Espagne, brièvement plongée dans l’obscurité. Depuis la France, le phénomène était visible sous la forme d’une éclipse partielle, avec une intensité variable selon les régions.
L’affluence autour de cet événement astronomique a favorisé une demande rapide pour les lunettes spécialisées. Les contrôles engagés par la DGCCRF rappellent que la présence d’un produit dans un commerce ou sur une plateforme de vente ne dispense pas de vérifier ses indications de conformité avant de l’utiliser.








