Les retraités pourraient de nouveau être mis à contribution dans le cadre du budget 2027. Selon une information révélée par Le Journal du Dimanche, Bercy étudie l’hypothèse d’une désindexation partielle des pensions de retraite, dans le cadre d’une « année blanche à la carte ». L’objectif serait de limiter la progression de certaines dépenses publiques en 2027, alors que le gouvernement cherche plusieurs milliards d’euros d’économies.
Le scénario actuellement étudié consisterait à moduler la revalorisation des pensions selon leur niveau. Les petites retraites seraient préservées, tandis que l’indexation serait progressivement réduite pour les pensions plus élevées, jusqu’à un éventuel gel à partir d’un seuil qui n’a pas encore été fixé.
L’idée d’une « année blanche » consiste plus largement à ne pas appliquer automatiquement certaines revalorisations liées à l’inflation. Dans le cas des retraites, cela reviendrait à laisser certaines pensions évoluer moins vite que les prix, voire à les maintenir temporairement au même montant. Pour les retraités concernés, le montant de la pension ne diminuerait donc pas nécessairement en euros, mais son pouvoir d’achat pourrait reculer si les prix continuent d’augmenter.
Pourquoi les retraites sont de nouveau ciblées
Bercy justifie cette réflexion par la progression des dépenses de retraite. Selon les éléments avancés au JDD, la dynamique des dépenses consacrées aux pensions augmenterait de 7 milliards d’euros par an de plus que la moyenne européenne. Sans nouvelle mesure, un expert de l’exécutif cité par le journal estime que la charge des retraites augmenterait de 12 milliards d’euros supplémentaires en 2027.

Cette pression financière s’explique notamment par l’augmentation du nombre de retraités et par la progression des pensions. Le Conseil d’orientation des retraites prévoit ainsi, dans son rapport publié en juin 2026, une hausse moyenne de 0,9 % par an en euros constants des dépenses de retraite entre 2025 et 2030. Cette progression serait notamment liée à une augmentation du nombre de retraités de 0,5 % par an en moyenne et à une hausse de la pension moyenne de 0,5 % par an en termes réels.
Le gouvernement cherche parallèlement à préserver ou renforcer certaines dépenses considérées comme prioritaires, notamment dans l’enseignement, la recherche et la famille. La réflexion sur les pensions s’inscrit donc dans un arbitrage plus large sur les dépenses publiques pour 2027.
Pour les particuliers, la principale inconnue reste le seuil de pension qui serait retenu. Aucun montant définitif n’a été annoncé à ce stade. Une pension de 1 100 ou 1 300 euros, par exemple, ne serait pas traitée de la même manière qu’une pension nettement plus élevée, notamment lorsque le retraité dispose parallèlement d’autres revenus ou d’un patrimoine. C’est précisément la difficulté soulevée par Pascal Delima, chef économiste chez BKMC, cité par Europe 1.
« Un retraité qui perçoit 1100-1300 euros et un retraité qui dispense d’une pension plus élevée et éventuellement d’un patrimoine, l’impacte d’une désindexation n’est pas la même. Alors aujourd’hui, on sait que les petites retraites sont exclues. On a déjà ciblé un peu le ciblage. Mais voilà, il faut être capable d’être très, très précis pour éviter la justice sociale, simplement ».
À ce stade, aucun retraité ne voit donc sa pension désindexée au titre d’une nouvelle mesure pour 2027. Le gouvernement prépare encore ses arbitrages budgétaires et devra ensuite présenter ses choix dans le projet de budget. Le seuil, l’ampleur de la désindexation et les pensions effectivement concernées restent donc à déterminer.








