Arrêts maladie : ce changement de la CPAM passé sous les radars réduit les indemnités de certains salariés

Les arrêts maladie sont déjà concernés par un nouveau plafond d’indemnisation appliqué par la CPAM, mais de nombreux salariés découvrent seulement aujourd’hui ses conséquences sur leurs revenus.

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Arrêts maladie
Arrêts maladie : ce changement de la CPAM passé sous les radars réduit les indemnités de certains salariés. Crédit : Adobe Stock | Econostrum.info

Depuis avril 2025, les règles d’indemnisation des arrêts maladie ont évolué. Un nouveau plafond appliqué par l’Assurance maladie réduit le montant versé aux salariés dépassant un certain niveau de rémunération.

Les salariés en arrêt maladie peuvent désormais percevoir une indemnisation moins élevée qu’auparavant. Depuis le 1er avril 2025, la CPAM applique un nouveau plafond pour le calcul des indemnités journalières versées par l’Assurance maladie. Cette évolution résulte du décret n°2025-160, publié au Journal officiel le 21 février 2025. Le texte a modifié le plafond de revenus pris en compte pour calculer les indemnités journalières, en le faisant passer de 1,8 fois le Smic à 1,4 fois le Smic.

Concrètement, les salariés dont la rémunération dépasse ce seuil ne voient plus leur indemnité calculée sur la totalité de leur salaire. Le montant versé par l’Assurance maladie est plafonné, même si leurs revenus habituels sont plus élevés. Un salarié gagnant environ 2 800 euros bruts par mois peut ainsi percevoir une indemnité journalière de 41,47 euros, contre 53,31 euros avant la réforme.

Comment fonctionne le calcul des indemnités maladie

Le montant d’une indemnité journalière ne correspond pas directement au salaire mensuel habituel. L’Assurance maladie prend d’abord en compte les trois derniers salaires bruts précédant l’arrêt de travail. Ces revenus sont additionnés puis divisés par 91,25 afin d’obtenir un salaire journalier de référence. L’indemnité versée correspond ensuite à 50 % de ce montant, dans la limite du plafond fixé par la réglementation.

Avec la nouvelle règle, le plafond retenu correspond à 1,4 fois le Smic mensuel brut, soit 2 522,52 euros en 2025. Le montant maximal de l’indemnité journalière est donc limité à 41,47 euros par jour. Pour un arrêt de deux mois, après les trois jours de carence prévus par la réglementation, la différence peut représenter plusieurs centaines d’euros. Un salarié concerné peut ainsi recevoir environ 2 360 euros d’indemnités de la Sécurité sociale, contre près de 3 040 euros avec l’ancien plafond.

Une mesure qui concerne de nombreux salariés

La réforme touche particulièrement les salariés dont les revenus dépassent le nouveau seuil. Selon plusieurs analyses du secteur de la protection sociale, plus de 13 millions de salariés pourraient être concernés, en raison du niveau du salaire médian en France. L’objectif affiché par le gouvernement est de limiter la progression des dépenses liées aux indemnités journalières. Celles-ci ont dépassé 17 milliards d’euros en 2024, selon les données avancées par l’exécutif.

Les économies attendues grâce à cette modification sont estimées entre 600 et 800 millions d’euros par an pour l’Assurance maladie.

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Crédit : Assurance maladie

 

L’impact dépend du maintien de salaire prévu par l’employeur

La baisse des indemnités versées par la CPAM ne touche pas tous les salariés de la même manière. Une partie d’entre eux bénéficie d’un maintien de salaire prévu par la loi, une convention collective ou un dispositif complémentaire. Dans ces situations, la diminution des indemnités de l’Assurance maladie peut être compensée par l’employeur ou par un organisme de prévoyance. Le salarié peut donc ne pas constater de baisse directe sur ses revenus pendant son arrêt.

Le risque concerne davantage les personnes ne bénéficiant d’aucun mécanisme complémentaire. Pour elles, la réduction des indemnités journalières se traduit directement par une baisse des ressources disponibles pendant la période d’arrêt.

Une évolution des arrêts maladie qui reste peu connue des assurés

La réforme a suscité des critiques de la part de plusieurs acteurs de la protection sociale. Le Centre technique des institutions de prévoyance (CTIP) a notamment dénoncé une décision prise sans concertation suffisante et estimé que le coût de la réforme pourrait être reporté sur les salariés et les entreprises. Cette modification étant liée à un mécanisme réglementaire, de nombreux salariés ont découvert ses conséquences au moment de leur premier versement d’indemnités.

Le plafond évolue légèrement avec les revalorisations du Smic, mais la règle fixée à 1,4 fois le salaire minimum reste inchangée. Les salariés concernés conservent donc un niveau d’indemnisation inférieur à celui appliqué avant avril 2025.

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