Retraite : 87 % des 18-34 ans ne croient plus du tout au système de retraite, et même les seniors doutent désormais (sondage)

Une large majorité de Français juge le système de retraite fragile et estime qu’il ne pourra pas tenir sans nouvelle réforme.

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Retraite : 87 % des 18-34 ans ne croient plus du tout au système de retraite, et même les seniors doutent désormais (sondage) - Crédit : Canva | Econostrum.info

Un sondage Ifop réalisé pour le club Landoy met en lumière une défiance massive des Français à l’égard du système de retraite actuel. Dans un contexte de débats récurrents sur son financement et son équilibre, les résultats montrent une perception largement négative de sa soutenabilité à long terme.

Selon l’enquête, 76 % des personnes interrogées estiment que le système actuel ne pourra pas être maintenu sans nouvelle réforme. Cette opinion dominante traduit une inquiétude structurante dans l’opinion publique, au-delà des clivages politiques ou générationnels. Dans le même temps, 72 % des sondés déclarent ne pas avoir confiance dans la capacité du système à garantir une pension suffisante. Cette défiance est particulièrement marquée chez les plus jeunes, mais elle reste élevée dans l’ensemble de la population active et retraitée.

L’étude révèle également une fracture générationnelle nette. Parmi les 18-34 ans, 87 % disent ne pas faire confiance au système de retraite pour assurer des pensions suffisantes. Cette proportion demeure élevée mais légèrement plus basse chez les 50-64 ans, où elle atteint 71 %, soit un niveau de défiance important à l’approche de la retraite. Ces données montrent que l’inquiétude ne se limite pas aux débuts de carrière, mais traverse toutes les étapes de la vie professionnelle.

Des solutions divisées et aucune majorité claire sur les réformes

Au-delà du constat d’inquiétude, le sondage met en évidence une absence de consensus sur les solutions à adopter. Concernant l’âge légal de départ à la retraite, les opinions sont partagées : 51 % des personnes interrogées souhaitent un retour à un âge plus bas que les 64 ans instaurés par la réforme de 2023. À l’inverse, 31 % estiment qu’il devrait être relevé davantage, tandis que 18 % considèrent que le niveau actuel est adapté au vieillissement de la population. Cette répartition illustre une forte polarisation des positions, sans orientation majoritaire nette en faveur du statu quo ou d’un durcissement supplémentaire.

Les arbitrages économiques proposés pour assurer l’équilibre du système ne font pas davantage consensus. 42 % des sondés se disent favorables à une hausse des cotisations, 40 % privilégient un allongement de la durée d’activité, et seulement 13 % accepteraient une baisse des pensions. Cette dernière option reste donc largement minoritaire, traduisant une forte sensibilité à la préservation du niveau de vie des retraités.

Les réponses varient fortement selon les générations. Les 65 ans et plus sont les seuls à soutenir majoritairement une hausse des cotisations ainsi qu’un recul de l’âge de départ à la retraite. En revanche, ils rejettent massivement la baisse des pensions, qui ne recueille qu’environ 5 % d’adhésion dans cette tranche d’âge. À l’opposé, les 18-24 ans se distinguent par une plus grande acceptation d’une réduction des pensions, à hauteur de 29 %, ce qui reflète des arbitrages différents entre générations sur la répartition de l’effort.

Malgré ces divergences, un point fait davantage consensus : la nécessité d’adapter les conditions de fin de carrière. En cas de relèvement de l’âge légal, environ deux tiers des répondants se disent favorables à des dispositifs d’aménagement, comme la retraite progressive, le temps partiel ou encore le télétravail. À l’inverse, seuls 20 % accepteraient de poursuivre leur activité sans aménagement spécifique, ce qui souligne l’importance accordée aux conditions de travail en fin de parcours professionnel.

L’enquête a été réalisée du 7 au 13 avril auprès de 2 059 personnes représentatives de la population française, par questionnaire auto-administré en ligne. Elle confirme une double tendance : une forte inquiétude sur la viabilité du système de retraite et une difficulté persistante à dégager un consensus sur les réformes à engager

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