À partir du 1er juillet, une réforme modifie en profondeur le coût de l’aide à domicile pour des centaines de milliers de retraités. L’exonération de cotisations patronales appliquée jusqu’ici automatiquement dès 70 ans disparaît progressivement, avec un seuil relevé à 80 ans. Environ 350 000 personnes sont concernées par ce changement, qui pourrait entraîner une hausse sensible des dépenses liées aux services à la personne.
Jusqu’à présent, les particuliers employeurs bénéficiaient d’un allègement automatique des cotisations patronales lorsqu’ils faisaient appel à une aide à domicile à partir de 70 ans. À compter du 1er juillet, ce dispositif est profondément modifié. Le seuil d’éligibilité passe désormais à 80 ans, ce qui exclut immédiatement une large partie des bénéficiaires actuels. Selon les données de l’Urssaf, environ 348 000 retraités perdent ainsi cet avantage fiscal. Cette mesure s’inscrit dans une volonté de réduction des dépenses publiques, avec une économie estimée à près de 100 millions d’euros pour l’État. Elle marque un changement important dans le financement des services d’aide à domicile.
Une hausse directe du coût des services à domicile
La suppression de cet avantage entraîne une augmentation immédiate du coût des prestations pour les ménages concernés. Les particuliers employeurs doivent désormais s’acquitter des cotisations patronales auparavant exonérées. Cela représente une hausse moyenne estimée à environ 15 % du coût global des services. Les métiers concernés sont nombreux : aide-ménagère, auxiliaire de vie, jardinier ou encore infirmier à domicile. Pour un salarié payé au SMIC, le surcoût est évalué à environ 2,15 euros bruts par heure. Dans certains cas, notamment pour des salaires plus élevés, la hausse peut atteindre 3,18 euros par heure travaillée selon la Fepem.
Les conséquences financières sont concrètes pour les ménages concernés. Un senior employant une aide à domicile 20 heures par mois au Smic verra sa facture augmenter d’environ 43 euros mensuels. Sur une année, cela représente une hausse de 516 euros. Pour un besoin plus important, autour de 50 heures mensuelles, le surcoût grimpe à plus de 107 euros par mois, soit environ 1 290 euros par an avant compensation. Ces montants illustrent l’impact direct de la réforme sur le budget des retraités dépendants de services à domicile réguliers.
Un mécanisme fiscal soulage les retraités
Un dispositif de crédit d’impôt permet toutefois d’amortir une partie de cette augmentation. Les particuliers peuvent récupérer environ 50 % des nouvelles charges engagées, ce qui réduit mécaniquement le coût final. Dans les cas évoqués, la hausse réelle serait donc divisée par deux, soit environ 258 euros par an pour 20 heures mensuelles et 645 euros pour 50 heures. Malgré cette compensation, la charge supplémentaire reste significative pour de nombreux foyers, en particulier ceux aux revenus modestes.
Certaines catégories de personnes continuent à bénéficier de l’exonération, sous conditions. Les bénéficiaires de l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA), de la prestation de compensation du handicap (PCH), ou encore d’une pension d’invalidité restent concernés par des dispositifs spécifiques. Les couples peuvent également conserver l’avantage si l’un des deux partenaires a plus de 80 ans et sous réserve de justificatifs auprès de l’Urssaf. Malgré ces exceptions, une part importante des retraités voit son budget fragilisé par cette réforme.








