Plus de 300 comptes bancaires liés à Donald Trump, à sa famille et à plusieurs de ses entreprises ont été fermés par Capital One en 2021. Dans un document judiciaire récemment déposé, la banque affirme que cette décision faisait suite à un examen interne.
Cet examen a identifié des opérations présentant, selon elle, des caractéristiques associées au blanchiment d’argent. Le président américain conteste cette version et soutient que ces fermetures répondaient à des motivations politiques.
Plus de 300 comptes concernés par la décision
Donald Trump entretenait une relation bancaire avec Capital One depuis plus de dix ans lorsque l’établissement a décidé de mettre fin à ses services en 2021.
D’après les informations révélées dans le cadre de la procédure judiciaire, plus de 300 comptes ont été concernés. Ils étaient associés à différentes activités de la famille Trump et à des entreprises portant son nom, notamment un terrain de golf et un domaine viticole.
Capital One affirme que la décision n’a pas été prise soudainement. La banque évoque plusieurs mois d’analyse et un examen conduit par ses spécialistes chargés de la lutte contre le blanchiment d’argent.
Selon l’établissement financier, l’activité observée sur les comptes avait déclenché des alertes internes. Cette affirmation ne signifie pas que Donald Trump ou ses entreprises ont été reconnus coupables de blanchiment d’argent. Il s’agit du motif avancé par la banque pour expliquer sa décision de mettre fin à la relation commerciale.
Capital One rejette l’accusation d’une décision politique
Donald Trump affirme pour sa part que ses comptes ont été fermés pour des raisons politiques après l’assaut du Capitole américain du 6 janvier 2021.
Ses avocats ont engagé une procédure contre Capital One, accusant la banque de l’avoir exclu de son réseau bancaire en raison de ses positions et de son identité politique. Une plainte modifiée a ensuite repris cette argumentation.
Capital One demande au tribunal de rejeter l’action en justice. L’établissement assure que la fermeture des comptes résultait uniquement de ses procédures de gestion des risques et de lutte contre le blanchiment.
La banque affirme n’avoir eu aucune raison de prendre position politiquement contre son ancien client. Elle estime également que les nouvelles accusations formulées par les avocats de Donald Trump reposent sur des citations sélectionnées et ne démontrent pas l’existence d’une discrimination politique.
Plusieurs mois accordés pour changer de banque
Capital One indique avoir traité la procédure de manière confidentielle. Selon l’établissement, ni la décision de fermer les comptes ni les analyses internes ayant conduit à cette mesure n’avaient été rendues publiques au moment des faits.
La banque affirme également avoir accordé plusieurs mois aux entités concernées pour trouver de nouveaux établissements financiers. Des prolongations auraient été consenties afin de faciliter le transfert des activités bancaires.
L’équipe juridique de Donald Trump maintient pourtant son accusation. Elle affirme que Capital One, comme d’autres grandes banques, aurait refusé ses services au président, à sa famille et à ses sociétés pour des raisons politiques.
La question de la « débancarisation » au cœur du litige
Cette affaire s’inscrit dans un débat plus large aux États-Unis autour de la « débancarisation », terme utilisé lorsqu’un établissement ferme les comptes d’un client considéré comme présentant un risque financier, juridique ou réputationnel.
Donald Trump a également engagé une procédure contre JPMorganChase autour d’accusations similaires. Les établissements bancaires concernés contestent avoir pris leurs décisions sur la base d’opinions politiques.
Le litige avec Capital One devra donc déterminer si les fermetures relevaient d’une évaluation bancaire classique des risques, comme l’affirme la banque, ou d’une discrimination politique, comme le soutiennent Donald Trump et ses représentants.








