La Suisse va payer pour le G7 de Macron, et la facture pourrait atteindre des dizaines de millions 

Le sommet aura lieu en France, mais la Suisse devra aussi sortir le carnet de chèques. Plusieurs cantons préparent déjà un dispositif hors norme.

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La Suisse va payer pour le G7 de Macron, et la facture pourrait atteindre des dizaines de millions : Crédit : TOM NICHOLSON/REUTERS VIA AP | Econostrum.info - Suisse

Le prochain sommet du G7 se tiendra du 15 au 17 juin 2026 à Évian-les-Bains, en France, mais ses conséquences dépasseront largement la frontière. Située à quelques kilomètres seulement du lieu de la rencontre, la Suisse devra mobiliser d’importants moyens de sécurité pendant plusieurs jours. 

Genève, Vaud et le Valais sont directement concernés par ce dispositif exceptionnel, qui impliquera la police, l’armée, les douanes et les hôpitaux. La facture s’annonce déjà lourde pour les finances publiques helvétiques, alors que plusieurs coûts restent encore difficiles à chiffrer.

Une sécurité XXL qui coûtera déjà 24 à 25 millions de francs

Même si le G7 est officiellement organisé en France, la Suisse sera elle aussi en première ligne. Les dirigeants des grandes puissances mondiales se réuniront à Évian-les-Bains, tout près du Léman et de la frontière helvétique. Cette proximité oblige les autorités suisses à préparer un vaste dispositif, notamment dans les cantons de Genève, Vaud et du Valais.

Les premières estimations font état de 24 à 25 millions de francs uniquement pour la sécurité des trois cantons concernés. Genève devrait supporter la plus grosse part, avec environ 17,5 millions de francs. Le canton de Vaud prévoit près de 5 millions, tandis que le Valais table sur environ 1 million.

Ces montants couvrent notamment la mobilisation policière, les renforts venus d’autres cantons dans le cadre du dispositif intercantonal IKAPOL, les contrôles renforcés aux frontières et l’appui logistique lié au sommet. La Confédération prendra toutefois en charge jusqu’à 80% des coûts de sécurité, après avoir qualifié le G7 d’«événement extraordinaire» au sens de la législation sur la sûreté intérieure. Les 20% restants resteront à la charge des cantons.

L’armée suisse sera aussi fortement mobilisée, avec environ 4000 militaires prévus. Elle participera à la protection de l’espace aérien, à la sécurité aérienne, aux dispositifs anti-drones, à la surveillance de sites sensibles et au renforcement de certaines infrastructures critiques. Selon son porte-parole Stefan Hofer, les frais supplémentaires devraient rester «marginaux», car les militaires mobilisés auraient de toute façon effectué leur cours de répétition annuel, relate Blick.

Des indemnisations, des hôpitaux en alerte et encore beaucoup d’inconnues

La facture suisse ne se limite pas aux mesures de sécurité. À Genève, le canton a déjà prévu une enveloppe de 6 millions de francs pour soutenir les commerçants qui subiraient des déprédations entre le 12 et le 18 juin en lien avec le sommet. Cette décision rappelle le souvenir du G8 d’Évian en 2003, marqué côté suisse par des vitrines brisées, des pillages et d’importants dégâts matériels.

Le Conseil d’État genevois ne veut pas revivre ce scénario sans mécanisme d’indemnisation. Il appelle la France à «assumer sa part de responsabilité» et souhaite réclamer le remboursement des montants versés aux entreprises, en coordination avec la Confédération. Mais cette enveloppe ne couvre pas tout. Elle exclut notamment le manque à gagner des commerçants et les frais préventifs, comme les barricades ou les protections temporaires, qui peuvent dépasser les 10 000 francs pour certaines enseignes.

D’autres zones d’ombre demeurent. Le coût des canons à eau prêtés par l’Allemagne n’est pas encore clairement établi. La question d’un éventuel renfort de policiers allemands reste également ouverte. En 2003, environ 1000 agents allemands et une quinzaine de canons à eau avaient été mobilisés, pour un coût d’environ 4 millions de francs.

Les Hôpitaux universitaires de Genève et le Centre hospitalier universitaire vaudois se préparent eux aussi à un éventuel afflux de patients en cas d’incident majeur. À titre de comparaison, le G7 de Biarritz en 2019 avait coûté 36,4 millions d’euros, soit environ 33,4 millions de francs suisses. Pour le G7 d’Évian, l’État français avait budgété 20 millions d’euros fin octobre 2025. Reste à savoir si cette enveloppe suffira, et surtout quelle part de la facture restera réellement côté suisse.

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