Presque dernière en Europe : La Suisse épinglée pour ses lois anti-tabac jugées trop faibles 

Un nouveau classement européen place la Suisse parmi les pays les moins efficaces contre le tabagisme, un véritable flop pour la politique du pays.

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Presque dernière en Europe : La Suisse épinglée pour ses lois anti-tabac jugées trop faibles : Crédit: Canva | Econostrum.info - Suisse

La Suisse figure parmi les plus mauvais élèves européens en matière de lutte contre le tabagisme. Un rapport publié mercredi place le pays à l’avant-dernière position sur 37 États évalués pour leurs politiques de prévention et de réglementation du tabac. 

Ce classement relance les critiques visant les autorités suisses, accusées depuis plusieurs années de maintenir une législation trop permissive face aux enjeux de santé publique. Les organisations de prévention dénoncent notamment le retard du pays sur la publicité, les nouveaux produits nicotiniques et les relations avec l’industrie du tabac.

Une avant-dernière place qui embarrasse la Suisse

L’Association suisse pour la prévention du tabagisme (AT Suisse) a dévoilé mercredi un classement européen particulièrement sévère pour la Suisse. Sur les 37 pays analysés, la Confédération arrive à l’avant-dernière place, devant uniquement la Bosnie-Herzégovine. À l’opposé du classement, l’Irlande, le Royaume-Uni et les Pays-Bas occupent les trois premières positions grâce à des politiques jugées plus strictes et plus cohérentes.

Selon le rapport, la Suisse se retrouve désormais dans le même groupe que plusieurs pays d’Europe de l’Est, l’Italie ou encore certains États des Balkans. Les auteurs du document pointent plusieurs faiblesses importantes dans la stratégie helvétique de lutte contre le tabac.

Le rapport critique notamment les lacunes persistantes concernant l’interdiction de la publicité pour les produits du tabac. Les associations de santé publique reprochent à la Suisse de conserver des exceptions qui permettent encore à l’industrie de maintenir une forte visibilité auprès du public.

Les spécialistes dénoncent également le manque de protection contre l’influence des fabricants de tabac dans les processus politiques et réglementaires. Cette question reste particulièrement sensible dans un pays où plusieurs grands groupes internationaux du secteur disposent d’activités importantes.

Autre sujet de préoccupation, la réglementation des nouveaux produits contenant de la nicotine. Cigarettes électroniques, produits chauffés ou sachets de nicotine sont de plus en plus présents sur le marché suisse. Les auteurs du rapport estiment que l’encadrement actuel reste insuffisant face à l’évolution rapide de ces produits, notamment auprès des jeunes consommateurs.

La Suisse est aussi le seul pays évalué à ne pas avoir ratifié la Convention-cadre de l’Organisation mondiale de la santé pour la lutte antitabac. Ce traité international fixe plusieurs principes destinés à réduire la consommation de tabac, limiter la publicité et renforcer les politiques de prévention.

Pour les organisations engagées dans la lutte contre le tabagisme, ce retard constitue un symbole du manque d’ambition politique de la Suisse sur ce dossier.

Les associations réclament un durcissement rapide des mesures

Face à ce classement, l’Association suisse pour la prévention du tabagisme parle d’un « signal d’alarme politique majeur ». L’organisation estime que les récentes adaptations législatives restent largement insuffisantes et continuent de comporter « d’importantes lacunes » favorables à l’industrie du tabac.

Les associations réclament désormais des mesures beaucoup plus strictes afin d’aligner la Suisse sur les standards appliqués dans plusieurs pays européens. Parmi les revendications figurent une interdiction complète de la publicité pour le tabac, un encadrement renforcé des nouveaux produits nicotiniques ainsi qu’une hausse importante des prix des cigarettes et produits dérivés.

Les spécialistes de la prévention demandent également un renforcement massif des campagnes d’information destinées au public. Selon eux, les politiques actuelles ne permettent pas de réduire suffisamment la consommation de nicotine, malgré les risques sanitaires bien connus liés au tabagisme.

Les enjeux économiques continuent toutefois de peser dans le débat suisse. L’industrie du tabac représente encore un secteur important dans plusieurs régions du pays, notamment dans les cantons de Vaud et de Neuchâtel. Cette présence historique alimente régulièrement les critiques de ceux qui considèrent que les intérêts économiques freinent certaines réformes.

Le débat se concentre aussi de plus en plus sur les jeunes générations, relate Blick. Les autorités sanitaires observent avec inquiétude la popularité croissante des cigarettes électroniques et des produits nicotiniques alternatifs auprès des adolescents et des jeunes adultes.

Pour les organisations de santé publique, la situation actuelle montre surtout les limites du modèle suisse en matière de prévention. Elles estiment qu’en l’absence de restrictions plus fortes, la Suisse risque de continuer à accumuler du retard face aux pays européens ayant adopté des politiques anti-tabac plus offensives.

Le classement publié mercredi pourrait donc relancer la pression politique autour de la lutte contre le tabagisme, à un moment où plusieurs pays européens poursuivent le durcissement de leurs réglementations sanitaires.

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