Le 29 août 2025, le Grand Conseil genevois a pris une décision radicale en votant l’interdiction immédiate de la vente des cigarettes électroniques jetables, appelées « puffs ». Cette mesure fait écho à la politique du canton du Valais, qui avait adopté une interdiction similaire plus tôt.
La loi a été approuvée à la quasi-unanimité des députés, avec une clause d’urgence permettant une mise en œuvre immédiate. L’objectif principal de cette interdiction est de protéger la santé publique, en particulier celle des jeunes, et de réduire l’impact environnemental de ces produits jetables.
Un danger pour la santé des jeunes : Addiction et risques accrus
Les puffs, populaires principalement auprès des jeunes adultes et adolescents, ont suscité de vives préoccupations en raison de leur teneur élevée en nicotine et de leur attractivité visuelle. Ces produits, souvent proposés sous forme de dispositifs colorés et parfumés, sont vendus à bas prix, ce qui facilite leur accessibilité. Selon les chiffres d’Unisanté cités dans le rapport du projet de loi, 59 % des jeunes de 14 à 25 ans ont déjà consommé ces cigarettes électroniques jetables, relate Blick. Leur popularité croissante a incité les autorités genevoises à réagir rapidement pour prévenir un risque sanitaire majeur.
Les puffs sont hautement addictives, en raison de la forte concentration de nicotine qu’elles contiennent, ce qui peut entraîner une dépendance rapide. Ces cigarettes électroniques à usage unique sont perçues par beaucoup comme des objets ludiques, mais leur impact sur la santé est loin d’être anodin. Les risques de dépendance à la nicotine, notamment chez les jeunes qui sont particulièrement vulnérables, ont été mis en avant par plusieurs députés. Jennifer Conti, députée socialiste, a qualifié ces produits de « honte », soulignant qu’ils étaient « hautement addictifs avec des quantités de nicotine très élevées ». D’autres élus, comme Marc Saudan du LJS, ont ajouté que ces produits sont conçus pour séduire les jeunes, ce qui aggrave la situation.
L’impact environnemental : Un fléau difficile à endiguer
Au-delà des dangers sanitaires, les puffs posent également un problème écologique majeur. Ces produits, souvent jetés après une seule utilisation, contribuent à l’accumulation de déchets non recyclables. Le Grand Conseil genevois a vivement dénoncé l’impact environnemental de ces cigarettes électroniques jetables, soulignant que leur élimination non contrôlée nuit à l’environnement, notamment en raison des plastiques et métaux utilisés dans leur fabrication.
Marc Saudan a insisté sur la nécessité d’agir rapidement, en dénonçant les effets catastrophiques de ces produits pour l’environnement. Leur utilisation généralisée génère une pollution considérable, avec des dispositifs qui finissent dans les décharges ou dans la nature, souvent sans possibilité de recyclage. Cela a conduit à une prise de conscience au sein du Grand Conseil, qui a voté l’interdiction dans un souci de durabilité environnementale.
L’UDC, traditionnellement réticente aux interdictions, a soutenu cette mesure, illustrant l’ampleur du consensus qui s’est formé autour des dangers sanitaires et environnementaux des puffs. Ce soutien montre qu’au-delà des divergences politiques, la question de la santé et de l’environnement est primordiale pour une large majorité des parlementaires.
Vers une interdiction fédérale : Un mouvement en expansion
L’interdiction de la vente des puffs à Genève n’est pas un cas isolé. Le Valais a déjà pris une mesure similaire, et plusieurs autres cantons, dont le Jura et Berne, envisagent également des interdictions. Le Parlement fédéral suisse a d’ailleurs adopté une motion en ce sens, bien qu’une modification de la législation nationale prenne encore du temps. Le Grand Conseil genevois a d’ailleurs mis l’accent sur la possibilité d’un recours juridique, notamment de la part des fabricants de puffs, ce qui pourrait entraîner un débat juridique important.
Néanmoins, les autorités genevoises semblent prêtes à défendre leur décision, convaincues que la protection de la santé publique et de l’environnement doit primer sur les risques juridiques. Raphaël Dunand, du LJS, a souligné que Genève pourrait bien « montrer la voie » à d’autres cantons et, potentiellement, à l’échelle fédérale.








