Des millions en soins médicaux et rentes à vie : le drame de Crans-Montana laisse les assurances sur le fil du rasoir

L’incendie de Crans-Montana entraînera des coûts médicaux colossaux pour les assurances, qui devront couvrir les frais de traitement et les rentes d’invalidité.

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Des millions en soins médicaux et rentes à vie : le drame de Crans-Montana laisse les assurances sur le fil du rasoir : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

Le terrible incendie survenu dans la nuit du Nouvel An à Crans-Montana, qui a coûté la vie à 40 personnes et blessé 116 autres, entraînera des coûts extrêmement élevés pour les assureurs. Le traitement des grands brûlés, qui dure souvent des années, voire toute une vie, implique des frais médicaux considérables. 

Selon les premières estimations, la facture pour les soins des victimes pourrait atteindre plusieurs dizaines de millions de francs. La Caisse nationale suisse d’assurance en cas d’accidents (Suva) a déjà avancé des chiffres qui permettent de mieux comprendre l’ampleur des coûts à venir pour les assurances.

Des coûts médicaux colossaux pour les blessés

Le traitement des blessés suite à un incendie de grande ampleur comme celui de Crans-Montana entraîne des frais médicaux très élevés, particulièrement lorsqu’il s’agit de grands brûlés. La Suva, qui prend en charge les frais de sauvetage, de traitements, et de rentes pour les personnes assurées, a fourni des estimations basées sur des cas de grands brûlés observés entre 2012 et 2024. Les coûts des soins aigus, dans la première année suivant l’accident, peuvent varier entre 500 000 et 1 million de francs par patient, selon la gravité des blessures. Ces soins incluent les interventions chirurgicales d’urgence, les hospitalisations prolongées, et les traitements médicaux pour stabiliser l’état des victimes.

Une fois la phase aiguë passée, les patients doivent souvent passer par une réadaptation stationnaire, qui dure entre quatre et six mois. Durant cette période, les coûts des soins mensuels s’élèvent en moyenne à 50 000 francs par patient. Cependant, ces traitements ne s’arrêtent pas après la réadaptation. En effet, les victimes de grands brûlés nécessitent des soins à long terme, parfois à vie. Les frais annuels pour ces traitements prolongés varient entre 20 000 et 80 000 francs, en fonction de la gravité des blessures et des parties du corps affectées. Ainsi, si l’on considère qu’il y a actuellement 116 blessés, dont 83 sont toujours hospitalisés, les coûts totaux des traitements pourraient facilement dépasser les 130 millions de francs pour les assureurs.

Les conséquences économiques à long terme : rentes et indemnités

Outre les soins médicaux, les blessures subies par les victimes du drame de Crans-Montana auront des répercussions à long terme sur leur capacité à travailler. Certains blessés, en raison de l’étendue de leurs blessures, pourraient ne jamais reprendre le travail normalement. Dans ces cas, des rentes d’invalidité seront versées aux victimes. Ces indemnités sont destinées à compenser la perte de revenus liée à l’incapacité de travail et sont souvent versées à vie. Le montant de la rente est calculé en fonction du revenu de la personne au moment de l’accident, mais elle est plafonnée par la législation suisse.

De plus, dans la plupart des cas, une indemnité pour atteinte à l’intégrité physique est également versée aux victimes, en fonction de la gravité des blessures et des séquelles. La Suva, qui gère ces indemnités pour les assurés, devra également faire face à des frais supplémentaires si les victimes présentent des séquelles à vie. Ces coûts doivent être pris en compte dans l’évaluation globale des dépenses que l’incendie va générer pour les assurances.

Les parents des enfants mineurs grièvement blessés bénéficieront également d’un congé de prise en charge de 14 semaines, selon le droit suisse des assurances sociales et du travail. Ce congé, qui peut être pris en bloc ou de manière fractionnée, est accompagné d’une indemnité pour perte de gain, égale à 80 % du revenu moyen de l’activité professionnelle du parent, bien que cette indemnité soit plafonnée à 220 francs par jour, explique 20min. Ce système vise à soutenir les parents qui doivent s’occuper de leurs enfants pendant leur rétablissement, mais il représente un coût supplémentaire pour les assurances.

En outre, la Suva pourrait exercer un recours contre les responsables de l’incendie une fois que les responsabilités seront établies par le tribunal. Si ce recours est accepté, une partie des frais engagés pour le traitement des blessés pourrait être récupérée. Cependant, à ce stade, il est difficile de prévoir le montant que la Suva pourrait récupérer et dans quel délai.

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