Les salariés suisses dominent l’Europe en heures travaillées : voici les secteurs avec le plus d’heures hebdomadaires

En 2025, la Suisse a cumulé 8,1 milliards d’heures travaillées, un record européen, malgré le temps partiel et l’absentéisme post-Covid.

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Europe
Les salariés suisses dominent l’Europe en heures travaillées : voici les secteurs avec le plus d’heures hebdomadaires : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

En 2025, les salariés suisses ont cumulé 8,1 milliards d’heures de travail, confirmant la position de la Suisse comme l’un des pays d’Europe où l’on travaille le plus. Cette performance intervient malgré une proportion importante de travail à temps partiel, qui réduit la durée moyenne par salarié. 

La durée hebdomadaire effective des salariés à plein temps reste très élevée, soulignant la culture du travail intensive du pays. Les chiffres publiés par l’Office fédéral de la statistique (OFS) offrent un panorama détaillé du marché du travail suisse et de ses particularités.

Une durée hebdomadaire parmi les plus élevées d’europe

En 2025, la durée hebdomadaire effective des salariés à plein temps a atteint 40 heures et 3 minutes, selon l’OFS. En excluant les personnes absentes toute la semaine, la moyenne monte même à 42 heures et 24 minutes, ce qui constitue la durée la plus élevée parmi les pays de l’Union européenne. Cette évolution marque une légère hausse par rapport à 2020, année fortement impactée par la pandémie, mais reste inférieure aux niveaux observés avant le Covid.

L’absentéisme reste un facteur notable dans la mesure du temps de travail. Les salariés à plein temps ont été absents 8,2 jours en moyenne pour maladie ou accident, contre 7,2 jours avant la pandémie. Les secteurs les plus touchés sont la construction et les transports, où les conditions de travail sont plus exigeantes et physiquement contraignantes. Ces données montrent que, malgré le haut niveau de travail effectif, la santé des salariés continue d’influencer la productivité.

Ces chiffres permettent également de mieux comprendre l’écart entre le volume total de travail et la durée hebdomadaire moyenne. L’augmentation des absences post-pandémie freine légèrement la croissance des heures travaillées par salarié, même si le total national reste stable.

L’impact du temps partiel et des jeunes travailleurs sur la moyenne nationale

La Suisse se distingue par une proportion importante de travail à temps partiel, notamment chez les jeunes, les étudiants et les salariés ayant des contraintes personnelles. Si l’on prend en compte ce temps partiel ainsi que les travailleurs dès 15 ans, la moyenne nationale descend à 22 heures et 34 minutes par semaine. Cette approche situe la Suisse au 4e rang européen, derrière l’Islande, Malte et Chypre, tandis que la moyenne européenne s’établit à 19 heures et 24 minutes par semaine.

Cette distinction montre que, même si les salariés à plein temps travaillent parmi les plus longues heures d’Europe, la moyenne nationale reflète la diversité des profils et des horaires. Le marché du travail suisse combine ainsi des emplois intensifs et des solutions plus flexibles pour les travailleurs à temps partiel, garantissant un équilibre entre productivité et intégration des jeunes.

Le volume total de 8,1 milliards d’heures confirme que la Suisse reste l’un des pays les plus actifs du continent. La stabilité observée par l’OFS s’explique par la combinaison d’une proportion importante de salariés à plein temps et d’une intégration progressive du travail à temps partiel et des jeunes travailleurs. Cette structure permet de maintenir un haut niveau de productivité tout en offrant une certaine flexibilité dans la répartition des heures.

Ces données sont également précieuses pour les entreprises et les décideurs publics afin de planifier les ressources humaines, adapter les politiques de santé au travail et prévenir l’épuisement professionnel. Elles illustrent les contrastes internes du marché du travail suisse. Certains secteurs imposent des charges horaires très élevées, tandis que d’autres fonctionnent avec des emplois à temps partiel, permettant d’absorber les fluctuations liées à l’absentéisme ou aux besoins des jeunes actifs.

La Suisse confirme ainsi sa position dans le classement européen des pays où l’on travaille le plus, tout en mettant en lumière l’impact durable de la pandémie sur le marché du travail et sur la santé des salariés.

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